Un statut de « voiture d'État » — usage exclusif et comparaisons internationales
Une voiture jamais commercialisée à l'origine
De 1958 jusqu'à l'arrêt de sa production en 1981, la Hongqi n'est à aucun moment proposée à la vente au grand public : la CA72 puis la CA770 sont exclusivement réservées aux institutions de l'État et aux plus hauts responsables du Parti communiste chinois, pour un usage aussi bien quotidien (déplacements des dirigeants) que cérémoniel (défilés du 1ᵉʳ octobre, accueil de chefs d'État étrangers). Ce statut est officialisé en septembre 1964, lorsque la Hongqi est proclamée « voiture nationale » de la République populaire de Chine (voir 1964 — la Hongqi proclamée « voiture nationale », puis freinée par la Révolution culturelle). Il faut attendre 1996 et la CA7220, construite sur base Audi 100, pour qu'un modèle porteur du badge Hongqi devienne accessible à des administrations locales, des entreprises publiques puis, dans une certaine mesure, à des particuliers (voir La CA7220 (1996), un succès inattendu, suivi d'une décennie 2000 confuse).
Un phénomène loin d'être isolé à l'échelle mondiale
Le principe d'une automobile de prestige développée spécifiquement pour les besoins protocolaires d'un État, sans jamais être commercialisée dans sa version la plus exclusive, se retrouve dans de nombreux autres pays et systèmes politiques. L'Union soviétique disposait ainsi de sa propre hiérarchie de limousines officielles, avec au sommet la ZIL, réservée à la nomenklatura la plus élevée et jamais vendue au public (voir, dans ce corpus, le dossier consacré aux GAZ Volga et Moskvitch pour le détail de cette hiérarchie automobile soviétique). Le Royaume-Uni dispose de longue date de Rolls-Royce et Bentley construites en exemplaires uniques pour la famille royale ; les présidents des États-Unis circulent depuis plusieurs décennies dans des limousines Cadillac fortement blindées, construites en très petit nombre et jamais commercialisées. La Hongqi s'inscrit ainsi dans une pratique internationale bien établie, propre à de nombreux régimes politiques quelle que soit leur nature, consistant à réserver à la plus haute fonction de l'État un véhicule sans équivalent commercial direct.
Une singularité chinoise : l'ambition d'une indépendance industrielle totale
Ce qui distingue le cas chinois de plusieurs de ces exemples occidentaux tient moins à l'exclusivité de l'usage qu'à l'ambition affichée, dès l'origine, d'une indépendance technique complète vis-à-vis de l'étranger — y compris vis-à-vis de l'Union soviétique, alliée politique de la Chine à l'époque (voir 1955 — le vœu de Mao Zedong de remplacer les limousines soviétiques). Alors que les limousines présidentielles américaines ou les ZIL soviétiques s'inscrivent dans la continuité directe des savoir-faire industriels nationaux respectifs des États-Unis et de l'URSS, la première Hongqi est développée par un pays ne disposant, en 1958, d'aucune industrie automobile de tourisme propre — d'où le recours, documenté et assumé, à une base mécanique américaine directement empruntée pour amorcer le projet (voir Naissance du nom « Hongqi » et premier prototype CA72 1E (été 1958)).
Une charge symbolique qui n'a jamais totalement disparu
Même après l'ouverture commerciale de la marque à partir de 1996, la Hongqi a conservé, pour son modèle le plus prestigieux, un usage largement similaire à celui de ses origines : la L5 puis la Guoli restent aujourd'hui la voiture officielle du chef de l'État chinois (voir Acheter une Hongqi aujourd'hui — du modèle grand public au record d'occasion à 1,5 million de dollars), tandis qu'un modèle blindé encore plus confidentiel, la N701, reste réservé aux tout premiers rangs de l'État et n'est à ce jour proposé à la vente sous aucune forme (voir La Hongqi N701, limousine d'État secrète de Xi Jinping).
Voir aussi
- 1955 — le vœu de Mao Zedong de remplacer les limousines soviétiques
- 1964 — la Hongqi proclamée « voiture nationale », puis freinée par la Révolution culturelle
- Des défilés de 1959 au 70ᵉ anniversaire de 2015 — les voitures de défilé Hongqi
- La Hongqi N701, limousine d'État secrète de Xi Jinping
- Un marché de collection sans équivalent — la rareté extrême des Hongqi historiques
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Hongqi_CA72 ↗
- 1955 — le vœu de Mao Zedong de remplacer les limousines soviétiquesHongqi (紅旗 / 红旗, « Drapeau rouge ») · Histoire et modèles
- Naissance du nom « Hongqi » et premier prototype CA72 1E (été 1958)Hongqi (紅旗 / 红旗, « Drapeau rouge ») · Histoire et modèles
- La CA7220 (1996), un succès inattendu, suivi d'une décennie 2000 confuseHongqi (紅旗 / 红旗, « Drapeau rouge ») · Histoire et modèles
- 1964 — la Hongqi proclamée « voiture nationale », puis freinée par la Révolution culturelleHongqi (紅旗 / 红旗, « Drapeau rouge ») · Histoire et modèles
- Acheter une Hongqi aujourd'hui — du modèle grand public au record d'occasion à 1,5 million de dollarsHongqi (紅旗 / 红旗, « Drapeau rouge ») · Achat collection
- Un marché de collection sans équivalent — la rareté extrême des Hongqi historiquesHongqi (紅旗 / 红旗, « Drapeau rouge ») · Achat collection
- Des défilés de 1959 au 70ᵉ anniversaire de 2015 — les voitures de défilé HongqiHongqi (紅旗 / 红旗, « Drapeau rouge ») · Societe protocole etat
- La Hongqi N701, limousine d'État secrète de Xi JinpingHongqi (紅旗 / 红旗, « Drapeau rouge ») · Societe protocole etat
- 1964 — la Hongqi proclamée « voiture nationale », puis freinée par la Révolution culturelleHongqi (紅旗 / 红旗, « Drapeau rouge »)
- 1955 — le vœu de Mao Zedong de remplacer les limousines soviétiquesHongqi (紅旗 / 红旗, « Drapeau rouge »)
- Georges Pompidou en visite d'État en 1973 — protocole automobile et maladie dissimuléeHongqi (紅旗 / 红旗, « Drapeau rouge »)
- La Hongqi N701, limousine d'État secrète de Xi JinpingHongqi (紅旗 / 红旗, « Drapeau rouge »)
- Richard Nixon à bord d'une Hongqi lors de sa visite historique de 1972Hongqi (紅旗 / 红旗, « Drapeau rouge »)