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§ 07 · Hotchkiss gregoire et apres guerre

La Hotchkiss-Grégoire (1951-1954) : le pari technique qui a précipité la fin de la marque

Hotchkiss Hotchkiss · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une commercialisation vécue comme un aboutissement

Commercialisée à partir de l'été 1951 (première livraison le 29 juin 1951, exactement deux ans jour pour jour après la signature du contrat initial — voir 29 juin 1949 : Hotchkiss signe pour le prototype Grégoire R), la Hotchkiss-Grégoire possède, de l'avis unanime des sources consultées pour ce dossier, des qualités techniques exceptionnelles pour son époque. Mais elle souffre d'un défaut rédhibitoire : un prix de vente qui dépasse 1 800 000 francs — le triple d'une Citroën 11BL Traction Avant, et le double de la toute nouvelle Renault Frégate. Une Ford Vedette, pour comparaison, se vend alors 850 000 francs.

Une rentabilité négative

Pire encore pour l'équilibre financier de l'entreprise : même à ce tarif exorbitant, la Hotchkiss-Grégoire souffre d'un manque dramatique de rentabilité — Hotchkiss perd de l'argent sur chaque exemplaire vendu. L'aventure compromet gravement, dès 1952, l'équilibre financier global de l'entreprise, précisément au moment où Henry Mann Ainsworth, atteignant 65 ans, prend sa retraite après vingt-sept ans à la tête de la branche automobile (voir Le « Juste Milieu » : Henry Mann Ainsworth et la politique commerciale AM/AM2 (1923-1936)) et où Peugeot amorce son désengagement du capital de Hotchkiss (voir Les heures difficiles : nationalisation de 1936 et prise de participation de Peugeot sous l'Occupation).

Une production arrêtée à 247 exemplaires

L'aventure prend fin en 1954, après la production de seulement 247 voitures : les berlines portent les numéros de série 501 à 747, complétés par cinq exemplaires de pré-série numérotés 1000 à 1004. Sept coachs (n° 677, 705, 709, 710, 716, 717, 718) et sept cabriolets (n° 672, 703, 704, 715, 723, 724, 744) sont présentés au Salon de 1953, tous réalisés par le carrossier Henri Chapron (voir Pourquoi les grands carrossiers ont boudé Hotchkiss (et pourquoi Chapron ne l'a pas fait)).

Une cote de collection aujourd'hui recherchée

Ironie du sort : cette voiture qui a précipité les difficultés financières de la marque de son vivant commercial compte aujourd'hui parmi les Hotchkiss les plus recherchées en vente aux enchères. Selon la maison Aguttes, un cabriolet Hotchkiss-Grégoire de 1953 — l'un des sept exemplaires réalisés par Chapron — a été estimé entre 30 000 et 50 000 € et s'est finalement vendu 46 488 € (voir La cote actuelle des Hotchkiss de collection).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
club-hotchkiss.fr ; ct-automobiles.ch ; aguttes.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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