La remise en route d'une Fulvia — révision complète, huile, bougies et additifs sans plomb
Au-delà des points de vigilance mécanique déjà identifiés pour la fiabilité générale du V4 (voir Entretien et fiabilité du V4 Fulvia — un moteur exigeant, pas fragile), le Lancia Fulvia Club détaille dans sa FAQ un protocole précis de remise en route pour tout exemplaire fraîchement acquis — utile aussi bien après un achat qu'après une longue période d'immobilisation.
La révision de base à ne jamais négliger
Le club recommande, dès la prise en main d'un exemplaire, une révision complète comprenant : vidange du liquide de refroidissement avec rinçage du circuit, vidange moteur et changement de filtre à huile, vidange de boîte, changement du filtre à air, purge du circuit de freins avec vérification des durites et du bon fonctionnement du servofrein, réglage des carburateurs, remplacement des bougies, des vis platinées et du condensateur, réglage des culbuteurs et du frein à main, appoint d'huile du boîtier de direction, et graissage général. Un nettoyage du carter d'huile est également conseillé si d'anciens propriétaires ont utilisé des additifs à base de téflon, susceptibles d'y laisser un dépôt.
Trois autres postes sont à budgéter systématiquement : le remplacement des amortisseurs et des éléments de liaison en caoutchouc devenus cassants avec l'âge, le remplacement des rotules de direction sur les Fulvia de première série peu roulées (la graisse qu'elles contiennent précipite avec le temps même sans usure d'usage), et un contrôle des pneumatiques par un professionnel — leur âge important souvent plus que leur usure visible.
Trois modernisations électriques suggérées par le club lui-même
Conscient de l'écart entre les habitudes de circulation des années 1960 et celles d'aujourd'hui, le Lancia Fulvia Club suggère lui-même, sans que cela nuise à l'authenticité reconnue du véhicule, trois adaptations discrètes : un clignotement diurne sur les feux de route, le montage de feux de détresse, et l'indépendance de la commande du feu de recul par rapport à celle des feux de position — ainsi qu'un interrupteur dédié pour déclencher l'électroventilateur manuellement à l'arrêt ou en manœuvre, sur les Fulvia de seconde série dont le thermocontact est positionné sur la pompe à eau.
Quelle huile moteur choisir
Le club déconseille formellement les huiles synthétiques modernes, qui provoquent souvent une consommation excessive et une pression insuffisante dans le circuit de graissage — pression pourtant essentielle à la bonne tension de la chaîne de distribution. Les additifs qui précipitent en couche isolante au fond du carter sont également déconseillés, au motif qu'ils dégradent le refroidissement de l'huile. La préconisation est une huile minérale au grade d'origine 10W50 (15W50 acceptable si l'usage hivernal reste limité) ; pour les moteurs 818.540 (1,6 litre), Lancia recommandait à l'époque une semi-synthèse 20W50 en usage normal, remplacée par une 10W40 en dessous de 0°C. L'intervalle de vidange préconisé est de 7 000 km — rarement atteint en un an d'usage de collection, d'où l'importance de respecter plutôt une périodicité annuelle, l'huile perdant son pH protecteur et devenant corrosive avec le temps même sans kilométrage.
Le casse-tête de l'essence sans plomb
Le retrait du plomb de l'essence pose deux problèmes distincts aux moteurs Fulvia non modifiés : le cliquetis lié à l'indice d'octane plus faible de l'essence verte (95 contre 98 à l'époque de la conception), et le recul des sièges de soupapes par martelage, faute du film protecteur qu'apportait le plomb. Le club recommande une approche différenciée selon le taux de compression : les moteurs à 9:1 ou moins (Berline première série, Coupé, Rallye 1,3) tolèrent en général le 95 sans intervention ; le 818.303 à 9,5:1 nécessite un essai prudent, avec retard d'allumage en cas de cliquetis léger ; les moteurs HF (818.342 et 818.540) à 10,5:1, s'ils doivent conserver leurs performances d'origine sans réduire l'avance, exigent des essences à indice d'octane élevé. Sur le recul des sièges de soupapes, seuls les 818.302 et 818.303 de seconde série (au-delà du numéro de série 50 000) sont équipés de sièges plus tendres (200 Vickers contre 380 sur tous les autres moteurs) et justifient donc, en usage régulier, l'emploi d'un additif substitutif — le club citant les tests comparatifs du Lancia Motor Club britannique ayant identifié le Castrol Valve Master (et sa version Plus pour les hauts taux de compression) comme référence. Règle impérative rappelée par le club : ne jamais mélanger deux additifs de familles chimiques différentes sans purger intégralement le réservoir au préalable.
Un repère pratique pour choisir ses bougies
Le club fournit une table de correspondance bougies par type moteur, dont les références modernes NGK les plus citées : BP7ES pour les 818.302/303, BP8ES (légèrement plus froides) pour le 818.342, D8EA pour le 818.540 — en notant que la bougie Champion R61 autrefois préconisée pour le 818.540 n'est plus compatible avec l'essence sans plomb actuelle, additivée ou non.
Voir aussi
- Entretien et fiabilité du V4 Fulvia — un moteur exigeant, pas fragile · Carburation Fulvia — de Solex à Weber, une alimentation qui reste simple malgré le V4 · Guide d'achat de la Fulvia : documents, monocoque et mécanique — trois sources, un même point critique · Trouver des pièces pour sa Fulvia — spécialistes italiens et britanniques, le casse-tête des pneumatiques d'origine
- Site source
- fulviaclub.it
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://www.fulviaclub.it/about/faqs/ ↗
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