NG Sport — portrait d'un artisan spécialiste de la restauration Alpine (Bouville)
Le maintien en état de marche des A110 aujourd'hui en circulation repose largement sur un petit nombre d'artisans spécialisés, dont l'atelier NG Sport, à Bouville, constitue l'un des exemples les mieux documentés.
Un garage-sanctuaire de plus de trente Alpine
Tenu par Nicolas Gozillon, né en 1968, ce garage abrite en permanence plus d'une trentaine de modèles Alpine, de la Berlinette A110 à l'A610 biturbo de 400 ch. Parmi les pièces notables présentées lors d'un reportage de 2024 : une V6 Turbo Europa Cup ayant couru entre 1985 et 1988 dans les épreuves monotypes en lever de rideau des Grands Prix de Formule 1 (300 ch, 300 km/h selon son propriétaire), ainsi qu'une A310 de 1971, l'un des tout premiers exemplaires à quatre cylindres de la marque.
Un exemple chiffré de restauration complète d'A110
Le reportage documente le cas concret d'une Berlinette A110 de 1971, entièrement désossée (moteur totalement déposé), en cours de restauration intégrale. Le coût de cette restauration complète, réalisée intégralement par l'artisan lui-même, est estimé à environ 15 000 €, pour un véhicule dont la valeur restaurée est estimée à 70 000 € — un ratio restauration/valeur cohérent avec les fourchettes de cote 2026 par ailleurs documentées pour les versions les plus recherchées de la berlinette (voir Cote et guide d'achat de l'A110 Berlinette — marché 2026).
Une expertise technique rare : la rectification des volants moteur
Nicolas Gozillon met en avant un savoir-faire de plus en plus rare dans la profession : la rectification et le surfaçage des volants moteur directement en atelier, une prestation que peu d'artisans généralistes proposent encore.
Une clientèle très qualifiée
Le garage attire une clientèle à forte proportion francilienne (50 %) mais nationale, comprenant, selon le témoignage recueilli, plusieurs collaborateurs de Renault Sport eux-mêmes propriétaires d'Alpine — jusqu'au responsable du design intérieur de la génération d'A110 relancée en 2017, qui ferait entretenir son véhicule dans cet atelier.
Une transmission de savoir-faire incertaine
L'atelier, repris par Nicolas Gozillon en 2004 (succédant à VEC Racing, spécialisé dans la marque dès le début des années 1980), pose la question de la pérennité de ces compétences très spécifiques : le propriétaire, qui envisage un départ à la retraite d'ici six à sept ans au moment du reportage, évoque le risque de disparition pure et simple de son savoir-faire faute de successeur formé à temps — certains clients lui ayant déjà fait savoir qu'ils reviendraient chercher leur voiture si aucune reprise n'était assurée. Cette fragilité illustre, à l'échelle d'un seul atelier, un enjeu plus large pour l'ensemble du parc roulant d'A110 (voir Cote et guide d'achat de l'A110 Berlinette — marché 2026 pour les enjeux de disponibilité des pièces détachées).
Voir aussi
- Site source
- lesalpinistes.com (auteur François-Xavier, photos Pierre-Emmanuel Alain)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026