« Une malédiction française » — le comportement exigeant de la GTA vu par la critique
Publié en 2025, l'article que le journaliste Nicolas Fourny consacre à la GTA sur carjager.com constitue l'une des analyses critiques les plus fouillées disponibles sur le comportement routier du modèle — un texte qui, sans jamais nier ses qualités objectives, dresse un bilan sévère de ses choix de conception et de leurs conséquences dynamiques.
Un châssis jugé anachronique dès sa conception
Fourny rappelle que la GTA reprend, de l'A310, une architecture générale déjà datée pour le milieu des années 1980 : un châssis-poutre supportant un V6 PRV « toujours greffé en porte-à-faux arrière », une disposition qu'il qualifie d'« anachronique », rappelant que Porsche elle-même avait sérieusement envisagé d'abandonner cette configuration sur la 911 avant d'être contrainte de faire machine arrière par sa propre clientèle. Une telle architecture, selon l'auteur, « exige de solides compétences en matière de pilotage » — un jugement qui rejoint directement la citation d'époque d'André Costa déjà documentée dans ce corpus (voir GTA Turbo contre Porsche 944 Turbo — la comparaison de référence de la presse des années 1980).
Une citation qui résume l'esprit de l'article
La formule qui donne le ton de l'ensemble de l'article mérite d'être restituée : « le mode d'emploi de la GTA n'est donc pas à la portée de tous ; une dose raisonnable d'humilité et de compétence s'avère indispensable pour maîtriser l'engin au moment fatidique où la remise des gaz s'impose pour combattre le survirage qui ne manque pas de survenir ». Cette description d'un survirage déclenché par une remise de gaz mal maîtrisée est cohérente avec le profil classique d'une propulsion à moteur arrière en porte-à-faux, où le transfert de charge en accélération peut désolidariser brutalement le train arrière — un phénomène d'autant plus prononcé que la répartition des masses reste, sur la GTA, encore nettement portée vers l'arrière (voir De 33/67 à 43/57 — la lente correction de la répartition des masses, de l'A310 à l'A610).
Une comparaison tarifaire qui tourne pourtant à l'avantage de la GTA
L'article ne se limite pas à la critique du comportement : Fourny relève qu'au tarif de 1986, la GT et la Turbo (188 000 et 227 000 francs) apparaissent nettement mieux placées que leurs rivales allemandes (944, 944 Turbo, Carrera 3.2, dont la moins chère dépasse 210 000 francs hors options). Il pose alors une question directe, restée sans réponse tranchée : ce positionnement tarifaire favorable est-il seulement pertinent pour une clientèle de ce niveau de gamme, statistiquement moins sensible au rapport prix/prestations que d'autres segments ? La réponse commerciale, note l'auteur, penche nettement en défaveur de la voiture française — un constat qu'il met en perspective avec la situation, radicalement différente, de la nouvelle A110 depuis 2017, dont le succès commercial ne repose justement pas sur un argument de prix particulièrement agressif face à la gamme Porsche 718.
« Des plastiques de Supercinq »
L'article documente également, sous ce titre imagé, la déception que suscite l'habitacle de la GTA malgré une planche de bord au dessin pourtant jugé pratique et futuriste par plusieurs autres sources (voir Qui a dessiné la GTA ? Gérard Godfroy, le Berex d'Yves Legal et la planche de bord de Gandini) — la qualité perçue des matériaux et des assemblages restant, aux yeux de Fourny comme de la plupart des sources consultées pour ce corpus, en retrait par rapport aux ambitions tarifaires de la voiture. Ce constat rejoint celui, indépendant, de classicdoctor.fr, qui identifie la « fiabilité du turbo » et l'« électricité » parmi les points de vigilance techniques d'un achat de GTA aujourd'hui (voir Points de vigilance mécanique — châssis galvanisé, V6 PRV et turbo, ce qu'il faut surveiller), sans toutefois revenir sur la question du comportement routier proprement dit.
Une réhabilitation en creux
Malgré la sévérité de son constat historique, l'article de Fourny s'inscrit dans un mouvement plus large de réévaluation critique de la GTA, qu'il ne présente jamais comme une mauvaise voiture mais comme une occasion commerciale manquée par des choix stratégiques défaillants plutôt que par une insuffisance technique fondamentale — une lecture cohérente avec l'analyse du statut confidentiel de la lignée développée ailleurs dans ce dossier (voir La génération oubliée — pourquoi la GTA et l'A610 restent éclipsées par l'A110 et même l'A310).
Voir aussi
- GTA Turbo contre Porsche 944 Turbo — la comparaison de référence de la presse des années 1980
- De 33/67 à 43/57 — la lente correction de la répartition des masses, de l'A310 à l'A610
- Points de vigilance mécanique — châssis galvanisé, V6 PRV et turbo, ce qu'il faut surveiller
- La génération oubliée — pourquoi la GTA et l'A610 restent éclipsées par l'A110 et même l'A310
- Site source
- carjager.com (Nicolas Fourny)
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- Points de vigilance mécanique — châssis galvanisé, V6 PRV et turbo, ce qu'il faut surveillerAlpine GTA / A610 · Restauration
- La génération oubliée — pourquoi la GTA et l'A610 restent éclipsées par l'A110 et même l'A310Alpine GTA / A610 · Culture documentation
- GTA Turbo contre Porsche 944 Turbo — la comparaison de référence de la presse des années 1980Alpine GTA / A610 · Conduite
- Qui a dessiné la GTA ? Gérard Godfroy, le Berex d'Yves Legal et la planche de bord de GandiniAlpine GTA / A610 · Histoire et modèles
- De 33/67 à 43/57 — la lente correction de la répartition des masses, de l'A310 à l'A610Alpine GTA / A610 · Freins trains pneus
- GTA Turbo contre Porsche 944 Turbo — la comparaison de référence de la presse des années 1980Alpine GTA / A610
- Une carrosserie en panneaux multiples plutôt qu'une coque moulée d'un seul tenant — la rupture industrielle de la GTAAlpine GTA / A610
- De 33/67 à 43/57 — la lente correction de la répartition des masses, de l'A310 à l'A610Alpine GTA / A610