Le V8 « Rocket » du Toronado — un bloc de série adapté plutôt que réinventé
Un choix délibérément conservateur au sein d'une mécanique par ailleurs radicale
Paradoxe révélateur de la philosophie du projet, le moteur du Toronado est à l'exact opposé de sa transmission en termes d'audace technique (voir La TH425 et sa chaîne Hy-Vo — comment le Toronado loge un V8 longitudinal en traction avant) : plutôt que de développer un bloc entièrement nouveau pour cette architecture inédite, les ingénieurs d'Oldsmobile retiennent le V8 « Rocket » 425 ci (7,0 l) déjà utilisé sur le reste de la gamme, dans une version légèrement gonflée. Rebaptisé « Super Rocket » dans cette application, il reçoit un carburateur quadruple corps Rochester Quadrajet de plus grande capacité, un arbre à cames plus pointu, des lumières redessinées, des soupapes d'admission légèrement agrandies et une nouvelle tubulure d'admission — l'ensemble portant la puissance à 385 ch et 475 lb-ft (644 N·m) de couple, soit 10 ch de plus que la version Starfire du même bloc et 20 ch de plus que celle de l'Oldsmobile Ninety-Eight. D'importantes modifications périphériques sont nécessaires pour l'intégrer au groupe motopropulseur à traction avant : nouveaux collecteurs d'admission et d'échappement, filtre à air surbaissé pour se loger sous un capot bas, démarreur et filtre à huile déplacés, carter d'huile spécifique et supports moteur propres. La forme de la tubulure d'admission elle-même doit être creusée pour ménager le dégagement nécessaire sous le capot.
Le passage au 455 ci et le sommet W-34
En 1968, ce V8 425 ci cède la place à un bloc « Rocket » porté à 455 ci (7,45 l), dont la puissance nominale recule légèrement au profit d'un couple supérieur — un choix cohérent avec l'évolution générale du modèle vers davantage de confort (voir Toronado 1967-1970 — les disques de rattrapage et l'ombre grandissante de l'Eldorado). Le pack optionnel W-34 « Force-Air », disponible de 1968 à 1970, associe à ce même bloc une admission d'air forcée, un arbre à cames de performance et une transmission recalibrée pour des passages de rapports plus fermes, revendiquant jusqu'à 400 ch bruts — la version la plus puissante jamais proposée sur un Toronado de première génération, mais commandée par moins de 150 acheteurs sur l'ensemble de sa carrière.
Voir aussi
- La TH425 et sa chaîne Hy-Vo — comment le Toronado loge un V8 longitudinal en traction avant
- Toronado 1967-1970 — les disques de rattrapage et l'ombre grandissante de l'Eldorado
- Le Toronado et les incendies moteur — une réputation à nuancer
- Le V8 « Nailhead » de la Riviera — dernières années d'une architecture bientôt remplacée
- Site source
- ateupwithmotor.com, en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Toronado 1967-1970 — les disques de rattrapage et l'ombre grandissante de l'EldoradoBuick Riviera & Oldsmobile Toronado · Histoire et modèles
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