Les chauffeurs sikhs de Bhowanipore — une communauté qui a façonné le taxi jaune de Calcutta
Une domination communautaire du métier, du début des années 1960 aux années 1990
Lorsque les premiers taxis Ambassador jaunes apparaissent à Calcutta au début des années 1960 (voir 1962 — la naissance du taxi jaune de Calcutta), le métier de chauffeur de taxi est très majoritairement exercé par des membres de la communauté sikh, alors fortement présente dans le quartier de Bhowanipore et largement investie dans le secteur du transport. Familièrement surnommés « Sardarji », ces chauffeurs dominent les routes chaotiques de Calcutta jusqu'au début des années 1990, avant qu'un déclin progressif de leur présence dans le métier ne s'amorce — au point qu'en 2020, un chauffeur de taxi sikh est devenu une rareté dans la ville.
Une réputation d'honnêteté documentée par un témoignage direct
Daljinder Singh, 48 ans au moment du reportage, aujourd'hui propriétaire d'un atelier de réparation Ambassador (S.K. Motors, Townshend Road, Bhowanipore), raconte l'histoire de sa propre famille : son grand-père, Sardar Sarjit Singh Grewal, achète un taxi Ambassador d'occasion en 1970 pour 7 000 roupies, conduit ensuite par le père de Daljinder, Sukdev Singh Grewal. Daljinder insiste sur la réputation d'honnêteté particulière des chauffeurs sikhs de l'époque : toujours au compteur, toujours par le trajet le plus court, ne trompant jamais un voyageur venu d'une autre ville — une réputation qui leur valait, selon lui, la confiance particulière de la classe moyenne locale, prête à payer un peu plus cher pour un trajet fiable plutôt que de se contenter d'un tarif négocié.
Un second témoignage, celui d'un chauffeur toujours en activité
Jagdev Singh, né à Calcutta en 1949, conduit son propre taxi Ambassador depuis 1970 — il avait alors échoué deux fois l'examen du permis de conduire commercial avant de l'obtenir le 7 décembre 1970. Propriétaire jusqu'à sept taxis jaunes à une période de sa vie, il les a depuis presque tous revendus, faute de chauffeurs fiables à qui les confier — aucun de ses fils n'ayant souhaité reprendre l'activité familiale. Il continue, seul, de conduire son dernier taxi, en commençant son service en pleine nuit (2 heures du matin) pour éviter la circulation et la pollution diurnes. En 2007, il aurait repoussé une tentative de détournement de son véhicule par trois agresseurs, maîtrisant l'un d'eux à l'aide de son kirpan (poignard rituel sikh) avant de le remettre à la police locale.
Voir aussi
- Site source
- sahapedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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