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§ 09 · Conduite

Le Grifo vu par la presse d'époque — l'enthousiasme d'Autocar contre le scepticisme de Car and Driver

Iso Rivolta / Grifo · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Autocar (29 avril 1966) : « le rêve devenu réalité »

Dans son numéro du 29 avril 1966, le magazine britannique Autocar consacre au Grifo un compte rendu particulièrement enthousiaste, décrivant la voiture comme l'aboutissement ultime du fantasme automobile pour l'amateur exigeant, capable de faire redécouvrir des plaisirs de conduite que la routine quotidienne avait fait oublier tout en en inventant de nouveaux. Ce ton dithyrambique, assez caractéristique de la réception européenne du modèle à son lancement, insiste sur le caractère exceptionnel de l'expérience de conduite plutôt que sur des données chiffrées de performance pure.

Car and Driver : une « docilité à l'américaine » qui déroute

Le magazine américain Car and Driver, de son côté, adopte un ton nettement plus mesuré, presque sceptique, dans son propre essai du Grifo GL. Le titre même de cet essai, largement repris depuis par la presse spécialisée rétrospective (« la preuve que le pedigree ne veut rien dire »), résume l'angle critique choisi : la revue relève avec une certaine surprise une docilité de conduite « à l'américaine », inhabituelle pour une GT italienne de ce calibre — aucune technique de pilotage particulière, aucune appréhension du comportement du véhicule ne semblent nécessaires pour progresser sereinement à son volant, à rebours de la réputation d'exigence de conduite généralement associée aux GT exotiques transalpines de l'époque. L'essai ironise également sur le scepticisme initial d'une partie de la profession envers une marque venue de nulle part et fondée sur une mécanique américaine plutôt que sur un moteur maison — une réserve que le magazine juge en définitive infondée au vu des qualités dynamiques du véhicule.

Une réception cohérente avec le positionnement de la marque

Ces deux réceptions contrastées, l'une enthousiaste sur le plan émotionnel, l'autre plus analytique sur le plan du comportement routier, illustrent assez bien le pari initial de Renzo Rivolta : offrir les sensations d'une GT italienne exotique avec la facilité d'usage d'une mécanique américaine de grande série (voir Iso Rivolta — vue d'ensemble (1939-1974), des réfrigérateurs aux grand tourisme V8). Ce même constat de « docilité inattendue » se retrouve, avec des nuances, dans la réception critique de la contemporaine De Tomaso Pantera par la presse américaine (Car and Driver 1971, Autocar 1972 — voir La Pantera vue par la presse d'époque — Car and Driver et Autocar face à un « double standard » dans le dossier de-tomaso-pantera/), suggérant un phénomène plus large propre à la formule GT italienne à moteur américain plutôt qu'une singularité isolée du Grifo.

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Provenance de cette fiche
Site source
gestalten.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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