Ineos Grenadier : le rival né du rejet du nouveau Defender, et le procès de forme que Land Rover a perdu
Un concurrent conçu explicitement comme le Defender que Land Rover a abandonné
L'Ineos Grenadier, lancé par le groupe chimique britannique INEOS et son fondateur Jim Ratcliffe, n'est pas un concurrent de circonstance : il naît directement du regret exprimé par une partie des puristes face à l'arrêt, en 2016, de l'ancien Defender à châssis séparé (voir La fin de la production originale — 29 janvier 2016, 68 ans de lignée, land-rover-series/) et au virage monocoque pris par son successeur (voir 71 ans de châssis-échelle interrompus : la controverse et l'argumentaire technique précis de Land Rover). Le Grenadier reprend délibérément la formule technique que Land Rover venait d'abandonner : châssis-échelle séparé, essieux rigides, silhouette utilitaire directement inspirée de l'ancien Defender — au point que Land Rover elle-même a jugé cette ressemblance suffisamment problématique pour agir en justice.
Une bataille judiciaire de quatre ans, perdue par Jaguar Land Rover
Jaguar Land Rover mène depuis 2016 une bataille juridique de quatre ans pour tenter de faire enregistrer comme marque de forme la silhouette de l'ancien Defender — capot en coquille, pare-brise plat, vitres de toit « Alpine », roue de secours décalée, vitres arrière en forme de « flèche » — précisément dans le but d'empêcher Ineos de commercialiser un véhicule visuellement trop proche. JLR perd une première fois devant l'Office britannique de la propriété intellectuelle, puis en appel devant la Haute Cour de justice britannique en août 2020 : les juges estiment que les caractéristiques de forme invoquées ne sont pas suffisamment distinctives pour mériter une protection de marque, ces différences pouvant être significatives pour les passionnés mais rester « sans importance, voire imperceptibles pour le consommateur moyen ». Ineos réagit en indiquant que ce jugement confirme que la forme de l'ancien Defender ne remplit pas de fonction d'identification de marque pour JLR, et poursuit sans obstacle le lancement commercial du Grenadier en 2021.
Un cas rare de rivalité tranchée par un tribunal plutôt que par le seul marché
Ce dossier reste un cas notable : un constructeur historique perdant en justice sa tentative de bloquer un concurrent qui revendique justement l'héritage formel de son propre modèle discontinué — une situation à mettre en regard, sans grille de lecture univoque, avec le succès commercial bien réel du nouveau Defender monocoque (voir Un succès commercial chiffré : plus de 115 000 exemplaires vendus en 2024, premier modèle de Land Rover) : la controverse initiale des puristes n'a manifestement empêché ni ce succès commercial, ni l'émergence d'un concurrent taillé sur mesure pour eux.
Voir aussi
- 71 ans de châssis-échelle interrompus : la controverse et l'argumentaire technique précis de Land Rover
- La fin de la production originale — 29 janvier 2016, 68 ans de lignée
- Classe G, Wrangler, Defender : trois façons différentes de rester un vrai tout-terrain premium
- Un succès commercial chiffré : plus de 115 000 exemplaires vendus en 2024, premier modèle de Land Rover
- Site source
- autoblog.com ; stevens-bolton.com ; autocar.co.uk
- Date d'extraction
- 14 sept. 2026
- Un succès commercial chiffré : plus de 115 000 exemplaires vendus en 2024, premier modèle de Land RoverLand Rover Defender · Statut commercial
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