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§ 02 · Moteurs dirigeables et nom zeppelin

L'expédition arctique du Graf Zeppelin (1931) — la démonstration ultime de la fiabilité des moteurs Maybach

Maybach (Zeppelin DS7/DS8) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le 24 juillet 1931, le dirigeable LZ 127 « Graf Zeppelin », déjà mondialement célèbre, quitte Friedrichshafen pour une expédition scientifique vers l'Arctique — une démonstration grandeur nature de la fiabilité des moteurs Maybach, dans des conditions que ni l'automobile ni même l'aviation de l'époque n'auraient pu affronter.

Une région alors quasiment vierge de cartographie

Au début du XXe siècle, de vastes régions arctiques — Terre François-Joseph, régions polaires — restent largement non cartographiées. Le comte Ferdinand von Zeppelin avait toujours tenu à ce que ses dirigeables servent aussi la science, et non seulement le transport de passagers. Hugo Eckener, directeur général de la Luftschiffbau Zeppelin et, fait notable, également président de l'assemblée des associés de Maybach-Motorenbau GmbH, reprend ce flambeau après la mort du comte. Membre de l'AEROARCTIC (« Internationale Studiengesellschaft zur Erforschung der Arktis mit dem Luftschiff »), une association scientifique non gouvernementale vouée à l'exploration polaire par dirigeable, Eckener assure le commandement de l'expédition, tandis que sa direction scientifique revient au professeur soviétique Rudolf Lazarevitch Samoilowitsch.

Cinq moteurs VL-2 pour une mission à haut risque

Pour une mission aussi exigeante et risquée, seul un appareil offrait la supériorité technique et la fiabilité opérationnelle nécessaires : le LZ 127, propulsé par cinq moteurs Maybach VL-2 (voir La lignée des moteurs de dirigeables Maybach — du AZ (1909) au VL-2 (années 1920)). Le dirigeable avait déjà prouvé, dans les années précédentes, que les moteurs conçus par Karl Maybach fonctionnaient de façon fiable même dans des conditions météorologiques extrêmes — en août 1929, le Graf Zeppelin avait bouclé un tour du monde en 21 jours, dont un vol Friedrichshafen-Tokyo de 101 heures sans escale, immense sensation médiatique de l'époque.

Le déroulement de l'expédition

Le 24 juillet 1931, le dirigeable quitte Friedrichshafen avec à son bord 15 scientifiques, une douzaine de journalistes, 31 membres d'équipage et 15 tonnes d'équipement et d'instruments de mesure. Après des escales à Berlin et Leningrad, il prend le 26 juillet la direction du nord-nord-est vers la mer de glace. Le travail scientifique commence immédiatement : sondes radio attachées à des ballons et des parachutes pour les relevés météorologiques du niveau de la mer jusqu'à la stratosphère, mesures magnétiques et électriques, prises de vue panoramiques à grande échelle. Au large de la Terre François-Joseph, le dirigeable retrouve comme prévu le brise-glace soviétique Malygin, avec lequel a lieu un échange philatélique symbolique — environ 50 000 cartes postales échangées, dont les recettes d'affranchissement contribuent au financement de l'expédition.

Le dirigeable parcourt au total 7470 kilomètres au-dessus des régions arctiques : Terre François-Joseph, mer de Barents, mer de Kara jusqu'à la pointe nord de la Severnaïa Zemlia, dont la côte occidentale, jusque-là quasiment inexplorée, est examinée en détail — une sensation géographique de l'expédition est la découverte que la « baie Chokalski » est en réalité un bras de mer traversant, scindant l'île en deux parties distinctes. Le dirigeable rejoint ensuite la péninsule de Taïmyr puis, malgré un épais brouillard, atteint grâce à un compas gyroscopique le cap Tcheliouskine, point le plus septentrional de la Sibérie, avant de rentrer via Leningrad et Berlin.

Un bilan scientifique exceptionnel

En l'espace de quelques jours seulement, l'expédition parvient à cartographier la quasi-totalité des terres comprises entre le 40ᵉ et le 110ᵉ degré de longitude est, de la Terre François-Joseph à la Severnaïa Zemlia, découvrant au passage six îles jusque-là inconnues et comblant l'un des dernières zones blanches de la carte du monde. Une expédition maritime ou terrestre comparable aurait nécessité plusieurs années pour un résultat équivalent.

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Provenance de cette fiche
Site source
maybach.org (Wilhelm & Karl Maybach Foundation)
Auteur du site
Wilhelm & Karl Maybach Foundation
Date d'extraction
12 sept. 2026
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