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§ 09 · Culture et documentation

Trois Talbot-Lago pour trois chefs d'État — France, Tunisie et Arabie saoudite

Talbot Talbot-Lago · 1935–1959 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Peu de constructeurs automobiles français de taille aussi modeste que Talbot-Lago peuvent se prévaloir d'avoir fourni des véhicules officiels à trois chefs d'État différents, sur trois continents. C'est pourtant le cas de la marque de Suresnes, qui construit sur base Talbot Lago Record (voir La Talbot Lago Record T26 — la grande routière de l'après-guerre (1946-1952)) trois automobiles spéciales à sept places : une pour le président de la République française, une pour le président de la Tunisie, et une pour la famille royale d'Arabie saoudite.

La voiture de Vincent Auriol, puis de René Coty

Le cas français est de loin le mieux documenté. Impressionné par la victoire de Louis Rosier aux 24 Heures du Mans 1950 (voir Les 24 Heures du Mans 1950 — l'exploit solitaire de Louis Rosier), le président Vincent Auriol décide de remplacer la vieillissante Renault Suprastella qui servait jusque-là de voiture présidentielle. Il commande cette même année un cabriolet 4 portes sur base Lago Record, rallongé et redessiné, habillé par le carrossier Saoutchik (voir Jacques Saoutchik chez Talbot-Lago — de la voiture présidentielle aux coupés Grand Sport) et doté d'équipements alors peu courants : quatre vitres à commande électrique et un poste de radio installé à l'arrière pour les passagers. Cette même automobile continue de servir sous la présidence de son successeur, René Coty, assurant ainsi une transition institutionnelle entre deux présidences de la IVe République.

⚠️ Une carrosserie qui varie selon la source

Un point mérite d'être signalé sans être arbitré : la liste exhaustive des châssis Talbot-Lago établie par Wikipédia en français mentionne, sous le numéro de châssis 101501, un exemplaire « carrossé en landaulet pour le Président de la République française » — une carrosserie de prestige à capote arrière ouvrante, distincte du cabriolet 4 portes intégralement découvrable décrit par la source spécialisée consultée pour cette fiche. Il n'est pas exclu que ces deux descriptions renvoient à deux véhicules différents construits à des moments différents pour la présidence française, ou qu'elles reflètent simplement une terminologie imprécise dans l'une des deux sources. Faute d'élément permettant de trancher, ce corpus consigne les deux versions plutôt que d'en privilégier une arbitrairement.

Tunisie et Arabie saoudite : deux commandes moins documentées

Les deux autres exemplaires à sept places — l'un pour le président de la toute jeune République tunisienne (indépendante depuis 1956), l'autre pour la famille royale d'Arabie saoudite — sont mentionnés par la source anglophone consultée sans détail supplémentaire sur leur carrosserie, leur date de livraison précise ou leur sort ultérieur. Ces deux pistes, moins documentées que le cas français, pourraient faire l'objet d'un approfondissement lors d'une prochaine session de recherche pour ce dossier.

Un rayonnement diplomatique surprenant pour une marque confidentielle

Cette triple commande officielle, survenant précisément au moment où les difficultés financières de l'entreprise commencent à s'aggraver (voir Le déclin financier des années 1950 — de 433 voitures en 1950 à une poignée en 1953), illustre le paradoxe d'une marque dont le prestige international dépasse largement ses moyens industriels réels — un rayonnement diplomatique qui n'empêchera pourtant pas la vente forcée à Simca quelques années plus tard (voir Le rachat par Simca — 1958 ou 1959 ? une vente en deux temps).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org, luxe-magazine.com, fr.wikipedia.org (CC BY-SA)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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