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§ 03 · Modèles

La Talbot Lago Record T26 — la grande routière de l'après-guerre (1946-1952)

Talbot Talbot-Lago · 1935–1959 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

À la sortie de la guerre, la nouvelle génération mécanique conçue par Carlo Marchetti (voir Le moteur T26 de 1946 — la seconde génération signée Carlo Marchetti) trouve sa première incarnation commerciale dans une grande routière de luxe : la Talbot Lago Record, produite de 1946 à 1952.

Une 26 CV taillée pour la haute bourgeoisie

Affichant une puissance fiscale de 26 CV pour une puissance réelle annoncée de 170 ch, la Record atteint une vitesse maximale revendiquée de 170 km/h — des chiffres qui la placent directement en concurrence avec les grandes routières des marques de luxe françaises rivales, Delahaye, Delage, Hotchkiss et Salmson en tête. La transmission se fait via une boîte manuelle à 4 rapports, avec en option la boîte présélective Wilson (voir La boîte présélective Wilson — pourquoi « Wilson » n'est pas un nom de culasse). Commercialisée le plus souvent en berline 4 portes, elle existe également en cabriolet 2 portes, et de nombreux exemplaires reçoivent des carrosseries spéciales réalisées par des carrossiers traditionalistes comme le Suisse Hermann Graber (voir Les autres carrossiers de Talbot-Lago — Chapron, Franay, Graber, Pourtout et les autres).

Le choix de trois chefs d'État

La Record atteint une forme de consécration institutionnelle : Talbot-Lago en construit des versions spéciales à sept places pour pas moins de trois commandes officielles — une pour le président de la République française, une pour le président de la Tunisie, et une pour la famille royale d'Arabie saoudite. Le cas français est le mieux documenté : impressionné par la victoire de Louis Rosier aux 24 Heures du Mans 1950 (voir Les 24 Heures du Mans 1950 — l'exploit solitaire de Louis Rosier), le président Vincent Auriol commande cette même année un cabriolet 4 portes sur base Record, rallongé et redessiné, habillé par le carrossier Saoutchik et doté de raffinements peu courants pour l'époque (quatre vitres électriques, poste de radio à l'arrière). Cette même automobile sert ensuite sous la présidence de son successeur René Coty. Le détail complet de cette histoire, y compris une divergence documentaire sur la carrosserie exacte de la voiture présidentielle française, fait l'objet d'une fiche dédiée : Trois Talbot-Lago pour trois chefs d'État — France, Tunisie et Arabie saoudite.

Une devancière rapidement dépassée par sa propre descendance sportive

Bien qu'elle reste en production jusqu'en 1952, la Record voit sa position de vaisseau amiral de la gamme rapidement concurrencée en interne par la version sportive développée à partir de son propre châssis raccourci : la T26 Grand Sport, présentée dès octobre 1947 (voir La Talbot-Lago T26 Grand Sport — le châssis nu qui a gagné Le Mans). En 1951, alors que les difficultés financières de l'entreprise s'aggravent, la Record reçoit une nouvelle carrosserie de style « ponton » (plus moderne, sans ailes saillantes), partagée avec la Talbot Lago Baby — une évolution stylistique qui n'empêche pas un déclin commercial de plus en plus marqué (voir Le déclin financier des années 1950 — de 433 voitures en 1950 à une poignée en 1953).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org, fr.wikipedia.org (CC BY-SA)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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