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§ 06 · Culture et societe

« Prius Progressives » contre « Prius Patriots » : une automobile devenue symbole politique aux États-Unis

Toyota Prius · depuis 1997 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

« Le dernier symbole de statut social politiquement correct d'Hollywood »

C'est en ces termes que le Washington Post qualifie, dans un article remarqué, l'engouement des célébrités progressistes américaines pour la Prius au début des années 2000 (voir Comment la Prius est devenue la voiture d'Hollywood : le rôle de l'Environmental Media Association) — une formule qui a depuis souvent été reprise pour résumer le phénomène. En 2007, le San Francisco Chronicle documente à son tour l'émergence d'un archétype baptisé « Prius Progressive », au point que l'animateur radiophonique conservateur Rush Limbaugh raille publiquement ces conducteurs, qu'il juge convaincus à tort d'avoir « une longueur d'avance », les qualifiant de « dupes » («suckers»).

Une appropriation inattendue par une frange conservatrice

Le phénomène ne se limite pourtant pas à un seul bord politique. Une partie de l'électorat conservateur américain revendique elle aussi la conduite d'une Prius, sous l'étiquette de « Prius Patriots », mais pour des motifs très différents : réduire la dépendance énergétique des États-Unis vis-à-vis du pétrole étranger, un argument de souveraineté nationale plutôt qu'environnemental. L'ancien directeur de la CIA R. James Woolsey Jr. illustre ce courant : selon un article du magazine Motor Trend, il explique conduire une Prius en raison de l'instabilité chronique du Moyen-Orient et du sentiment antiaméricain qui y prévaut dans une partie de l'opinion, estimant que les profits pétroliers tirés de cette région financent indirectement des groupes terroristes. Il affiche, selon la même source, un autocollant sur sa propre Prius proclamant : « Bin Laden hates this car » (« Ben Laden déteste cette voiture »).

Un sondage qui brouille encore davantage les lignes

Une enquête menée en 2016 par le site automobile américain CarTalk auprès de 10 000 répondants, citée par Wikipédia, va plus loin encore dans la déconstruction d'une lecture univoque du phénomène : elle constate que les propriétaires de Prius se déclaraient, par rapport à la population générale, statistiquement plus susceptibles de soutenir à la fois le candidat conservateur Ted Cruz et la candidate progressiste Hillary Clinton lors des primaires de 2016 — un résultat qui illustre la difficulté à réduire le profil du conducteur de Prius à une seule case partisane.

« Ça dit quelque chose sur moi » : le débat sur la motivation réelle des acheteurs

En juillet 2007, le New York Times publie une enquête s'appuyant sur des données du cabinet de recherche marketing CNW Marketing Research, selon laquelle 57 % des acheteurs américains de Prius interrogés citaient comme motivation principale le fait que la voiture « en dit quelque chose sur moi », contre seulement 37 % invoquant l'économie de carburant. Peu après, l'éditorialiste du Washington Post Robert Samuelson forge l'expression « Prius politics » pour désigner cette situation où le désir d'affichage social l'emporterait sur la motivation écologique proprement dite. ⚠️ Ce sondage doit toutefois être resitué au regard de la controverse méthodologique plus large qui a entaché, par ailleurs, les travaux de ce même cabinet CNW Marketing Research (voir L'étude « Dust to Dust » (CNW Marketing) : comment un mythe comparant la Prius à un Hummer a été démonté) — une prudence que ce corpus retient sans pour autant écarter le fait, largement recoupé par ailleurs, que la Prius a bien fonctionné comme marqueur social identifiable outre-Atlantique durant cette période.

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Provenance de cette fiche
Site source
Wikipédia (anglophone)
Date d'extraction
13 sept. 2026
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