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§ 08 · Entretien fiabilité

Le scandale Takata rattrape la DS3 — immobilisation « stop drive » et bilan humain en France

Citroën DS3 · 2009–2019 · 4 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

⚠️ Avertissement méthodologique : ce dossier documente une affaire de sécurité publique grave et encore active à la date des sources consultées (juin-juillet 2025). Les faits sont restitués tels que rapportés par la presse à cette date précise ; l'enquête judiciaire évoquée ci-dessous était encore en cours à cette même date, et la situation a très vraisemblablement évolué depuis (nombre de véhicules réparés, éventuelles suites judiciaires). Ce dossier ne prétend documenter que l'état des faits à la date de publication des sources, sans affirmer qu'il s'agit de la situation actuelle.

Un scandale industriel mondial qui remonte à 2014

Le fabricant japonais d'équipements automobiles Takata, condamné aux États-Unis en 2017 pour fraude et conspiration, a produit pendant des années des générateurs de gaz d'airbags à base de nitrate d'ammonium, une substance qui se dégrade avec le temps — en particulier dans les climats chauds et humides — au point de faire exploser le boîtier d'airbag lors de son déclenchement et de projeter des éclats métalliques au visage des occupants. Ce défaut a entraîné, à l'échelle mondiale, le rappel de dizaines de millions de véhicules chez de nombreux constructeurs depuis 2014, et plusieurs décès documentés.

La DS3 directement concernée, aux côtés de la Citroën C3

En France, la DS3/DS 3 et la Citroën C3 (dont elle dérive techniquement, voir La plateforme PF1 — l'étendue précise du partage technique avec la Citroën C3 et le reste du groupe PSA) sont concernées conjointement par ce dossier, en raison du partage de certains équipements entre les deux modèles. Selon Stellantis, plus de 690 000 Citroën C3 et DS3 équipées d'airbags Takata défaillants circulaient en France à la date de mi-2025, dont 481 000 déjà réparées (soit 69,7 % du parc concerné).

Un second décès en France métropolitaine, en juin 2025

Le 11 juin 2025, une femme de 37 ans trouve la mort à Reims après l'explosion de l'airbag de sa Citroën C3 de 2014, dans un accident survenu sur autoroute alors qu'elle cherchait à éviter un poids lourd. Selon les informations recueillies par la cellule investigation de Radio France, la victime n'avait pas reçu le courrier de rappel qui lui avait pourtant été envoyé le 20 mai 2025 : l'adresse issue du fichier des cartes grises étant erronée, le courrier recommandé était revenu à l'expéditeur. Il s'agit du second décès lié à ce scandale en France métropolitaine ; le ministère des Transports recense, à l'échelle de l'ensemble du territoire français (outre-mer inclus), un total de 18 décès et 25 blessés, dont 16 décès et 24 blessés dans les seuls territoires ultramarins — une surreprésentation qui s'explique par le climat chaud et humide, facteur aggravant connu de la dégradation des générateurs de gaz Takata.

L'immobilisation totale ordonnée le 17 juin 2025

À la suite de ce décès, le ministre des Transports Philippe Tabarot demande, le 17 juin 2025, l'immobilisation immédiate (« stop drive ») de l'ensemble des Citroën C3 et DS3 encore équipées d'airbags Takata en circulation en Europe, quelle que soit leur année de production — une mesure plus radicale que le simple rappel pour remplacement jusque-là en vigueur. Stellantis, par la voix de son directeur Citroën Xavier Chardon, annonce se conformer à cette demande « compte tenu du contexte », tout en s'engageant personnellement à ce qu'il n'y ait « plus un seul airbag Takata dans les Citroën ». Cette nouvelle vague concerne 441 000 véhicules C3 et DS3 fabriqués jusqu'en 2019 à l'échelle européenne, dont 82 000 en France — principalement des C3 produites entre 2014 et 2017 et des DS3 produites entre 2014 et 2019, s'ajoutant aux véhicules déjà immobilisés lors de campagnes antérieures (environ 236 900 véhicules dans le nord de la France début 2025, après une première campagne au printemps 2024 dans le sud de l'Europe).

Une évaluation du risque révisée après le drame

Un porte-parole de Stellantis indique que les analyses internes du groupe ne montraient, avant ce drame, aucun risque de dégradation identifié sur les véhicules produits après 2013 — ce qui explique qu'un rappel par simple courrier, sans mesure de « stop drive », avait été engagé dès mai 2025 pour les seuls modèles 2014 et ultérieurs. Le fait que la victime de Reims circulait précisément dans une C3 de 2014 a directement invalidé cette évaluation du risque et précipité l'extension de la mesure d'immobilisation à l'ensemble du parc, sans distinction d'année de production.

Des suites judiciaires en cours à la date des sources

Le parquet de Reims a ouvert une enquête pour homicide involontaire avant de se dessaisir au profit du parquet de Paris, qui centralise l'ensemble des procédures liées au dossier Takata au niveau national. L'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a par ailleurs porté plainte et demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire.

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Provenance de cette fiche
Site source
franceinfo.fr, fr.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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