La Dacia 1300 S, première voiture de course roumaine, et le succès du Dacia Sport en rallye national
Le sport automobile roumain de l'ère communiste, isolé des grandes compétitions internationales occidentales, s'est largement construit autour des moyens disponibles localement — c'est-à-dire, très concrètement, autour de la Dacia 1300 et de ses dérivés.
La 1300 S, une préparation de compétition pionnière
Selon sovietauto.fr, la Dacia 1300 S, préparée par l'ingénieur roumain Marin Dumitrescu, est considérée comme la toute première véritable voiture de course construite en Roumanie sur base Dacia. Son baptême du feu a lieu au Raliul Zăpezii de Brașov (le « Rallye de la Neige » de Brașov), une épreuve hivernale où elle se classe dans les cinq premières positions dès sa première participation — un résultat d'autant plus remarquable qu'il s'agit d'une préparation largement artisanale, réalisée avec des moyens sans commune mesure avec ceux des écuries occidentales de la même époque.
Le Dacia Sport, environ 20 % des engagements du championnat national
Un peu plus tard, la version de série la plus sportive de la gamme, le coupé Dacia Sport (décliné en 1310 et 1410 selon la cylindrée, voir Le 1410 Sport, le coupé confidentiel assemblé à Brașov plutôt qu'à Pitești, dossier 05-carrosserie/, pour le détail complet de ce modèle), devient une base de compétition prisée des pilotes amateurs roumains. Selon Wikipédia, sa part dans les engagements du championnat national de rallye de l'époque atteint, à son apogée, près de 20 % du plateau total — une proportion considérable pour un modèle produit en très petite série (5 141 à 5 500 exemplaires selon les sources sur l'ensemble de sa carrière) et qui témoigne de l'absence quasi totale d'alternative sportive homologuée disponible sur le marché roumain fermé de l'époque.
Un sport automobile fermé sur lui-même
Cette situation illustre une réalité plus générale déjà documentée dans ce dossier concernant l'isolement technologique et commercial de la Roumanie communiste (voir 1965-1966 — comment la Roumanie de Ceaușescu choisit Renault plutôt que Fiat, Peugeot ou Austin, dossier 01-histoire-et-modeles/) : faute d'accès aux voitures de compétition occidentales, largement inabordables ou tout simplement introuvables sur le marché roumain fermé, les pilotes amateurs locaux devaient nécessairement composer avec les bases disponibles localement, aussi limitées fussent-elles sur le plan technique. La fin de la production du Dacia Sport, au tournant des années 1990, coïncide d'ailleurs directement avec l'ouverture du marché roumain aux voitures de sport occidentales d'occasion, qui rendent rapidement le modèle roumain non compétitif (voir Le 1410 Sport, le coupé confidentiel assemblé à Brașov plutôt qu'à Pitești).
Voir aussi
- Le 1410 Sport, le coupé confidentiel assemblé à Brașov plutôt qu'à Pitești (dossier
05-carrosserie/) - 1965-1966 — comment la Roumanie de Ceaușescu choisit Renault plutôt que Fiat, Peugeot ou Austin (dossier
01-histoire-et-modeles/) - De 1 178 à 1 557 cm³ — la gamme complète des moteurs essence de la lignée 1300/1310 (dossier
02-moteur/)
- Site source
- sovietauto.fr, en.wikipedia.org, carjager.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- 1965-1966 — comment la Roumanie de Ceaușescu choisit Renault plutôt que Fiat, Peugeot ou AustinDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Histoire et modèles
- De 1 178 à 1 557 cm³ — la gamme complète des moteurs essence de la lignée 1300/1310Dacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Moteur
- Le 1410 Sport, le coupé confidentiel assemblé à Brașov plutôt qu'à PiteștiDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Carrosserie