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§ 07 · Conduite

Au volant d'une Dacia 1300/1310 — un progrès réel à l'Est, un dinosaure face à l'Ouest

Dacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · 1969–2006 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

L'appréciation portée sur le comportement routier de la Dacia 1300/1310 dépend presque entièrement du point de comparaison choisi — un constat qui traverse l'ensemble des sources consultées pour ce dossier et qui explique en grande partie la trajectoire commerciale contrastée du modèle.

Face aux standards du bloc de l'Est : un progrès net

Au moment de son lancement en 1969, la Dacia 1300 constitue une avancée sensible de confort et d'agrément comparée aux références alors disponibles dans le bloc de l'Est : la Trabant est-allemande, à moteur deux temps et carrosserie en Duroplast, la Wartburg, ou encore les toutes premières Lada dérivées de la Fiat 124. Sa suspension à roues avant indépendantes, son moteur quatre temps relativement moderne et son habitacle, spacieux pour la catégorie, en font un temps l'une des voitures les plus enviées à produire localement dans toute la région (voir Cinq ans d'attente à la banque CEC — comment on achetait une Dacia sous le communisme pour la matérialisation concrète de cette désirabilité).

Une tenue de route jugée sûre mais sans surprise

Les rares témoignages de conduite disponibles décrivent un comportement routier prévisible et sans vice particulier, hérité directement de la Renault 12 — une berline familiale conçue pour la polyvalence plutôt que pour l'agrément sportif. Le moteur de base (54 chevaux pour 900 kg à vide) offre des performances modestes mais suffisantes pour un usage familial courant ; atteindre la vitesse de pointe annoncée (autour de 140 km/h) demande cependant un régime moteur soutenu, la boîte à quatre rapports d'origine ne favorisant pas les reprises en surrégime (voir De la boîte 4 vitesses héritée de la Renault 12 à la 5ᵉ vitesse tardive, dossier 03-transmission/).

Face aux standards occidentaux : une obsolescence de plus en plus criante

À mesure que les décennies passent, l'écart se creuse inexorablement avec les standards occidentaux. Dès le milieu des années 1980, la 1310 accuse un retard technique déjà sensible face à des citadines occidentales contemporaines bien mieux équipées (direction assistée généralisée, sécurité passive renforcée, consommations en baisse). Un journaliste automobile roumain résume cet écart par une formule reprise par Wikipédia : dans ses toutes dernières années de production (1999-2004), la 1310 est couramment surnommée « le sourire d'Iliescu » (zâmbetul lui Iliescu, en référence à Ion Iliescu, président roumain de l'après-communisme, et à la calandre arrondie du dernier restylage) — un sobriquet mi-affectueux mi-moqueur qui traduit bien le statut ambigu du modèle à cette période : toujours produit, toujours vendu, mais déjà perçu comme un vestige d'une autre époque face à une offre occidentale désormais librement accessible sur le marché roumain.

Un usage professionnel qui a prolongé sa carrière

Au-delà des particuliers, la 1310 doit une partie de sa longévité commerciale à ses débouchés professionnels : compagnies de taxi et auto-écoles roumaines resteront parmi ses plus fidèles clientes jusqu'à la toute fin de sa production en 2004, appréciant avant tout son prix d'achat très bas et le coût réduit de son entretien courant, davantage que ses qualités routières intrinsèques.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org, retropassionautomobiles.fr, sovietauto.fr
Date d'extraction
12 sept. 2026
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