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§ 05 · Firestone scandale

Le Congrès, le TREAD Act et la rupture de cent ans d'alliance industrielle Ford-Firestone

Ford Explorer · depuis 1990 · 2 min de lecture · extraite le 14 sept. 2026

22 mai 2001 : Ford élargit unilatéralement le remplacement

Sans attendre une extension officielle du rappel réglementaire, Ford annonce le 22 mai 2001 sa décision de remplacer, à ses frais, treize millions de pneus Firestone Wilderness AT supplémentaires, montés très majoritairement sur des Explorer et exclus du rappel initial d'août 2000. Ce geste, présenté par le constructeur comme une mesure de précaution volontaire, marque aussi un moment de bascule dans la relation entre les deux entreprises : Ford agit désormais seul, sans l'accord ni la participation financière de son fournisseur de pneus historique.

Le TREAD Act : une réponse législative fédérale

L'ampleur de l'affaire pousse le Congrès américain à légiférer directement sur la question de la remontée d'information en matière de sécurité automobile : le TREAD Act (Transportation Recall Enhancement, Accountability, and Documentation Act), adopté en 2000, impose désormais aux constructeurs et équipementiers de transmettre à la NHTSA des données de réclamations et de sinistralité de façon beaucoup plus systématique et précoce qu'auparavant — un dispositif dit de « système d'alerte précoce » dont les données alimenteront directement les auditions parlementaires consacrées à cette affaire.

Novembre 2001 : des auditions au ton acrimonieux

Une audition conjointe tenue devant une sous-commission de la Chambre des représentants en novembre 2001 tourne à la confrontation ouverte entre les deux dirigeants concernés : Jacques Nasser, alors PDG de Ford, et John T. Lampe, PDG de Bridgestone/Firestone. Nasser affirme devant les parlementaires que son entreprise ignorait l'existence d'un défaut avant d'avoir dû, selon ses propres termes, « pratiquement arracher les données de réclamations des mains de Firestone » pour les analyser, en juillet 2000. Lampe, de son côté, adresse à Nasser une lettre dont la teneur est rapportée par la presse spécialisée : Firestone accuse Ford de chercher à détourner l'attention en jetant le doute sur la qualité de ses pneus plutôt que d'examiner sa propre responsabilité dans le choix de la pression de gonflage (voir Aux origines de la controverse : le choix d'une pression de gonflage de 26 psi (1989)).

La fin de cent ans d'alliance industrielle

Au-delà de son coût humain, financier et réputationnel considérable, cette affaire met un terme officiel à une relation commerciale qui remontait au tout début du vingtième siècle, Firestone ayant longtemps été le fournisseur de pneus historique de Ford — une continuité industrielle qui ne survivra pas à l'acrimonie des échanges publics entre les deux directions générales en 2000-2001. L'affaire se solde également par d'importants règlements financiers : Ford verse environ 590 millions de dollars au titre de règlements amiables pour dommages corporels, tandis que Firestone provisionne près de 800 millions de dollars pour l'ensemble des réclamations liées au rappel, et verse par ailleurs 240 millions de dollars à Ford pour solder les créances croisées entre les deux entreprises consécutives au rappel de 2000.

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Provenance de cette fiche
Site source
tyrepress.com ; money.cnn.com ; everycrsreport.com
Date d'extraction
14 sept. 2026
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