La Warszawa Ghia (1957-1959) — quand un carrossier italien a failli redessiner la Warszawa, vingt ans avant Giugiaro
Vingt ans avant que Giorgetto Giugiaro ne dessine effectivement la carrosserie de la Polonez (voir La genèse de la Polonez (1974-1978) — un hayon italien sur un châssis Fiat 125p vieillissant), FSO avait déjà tenté, une première fois, de confier le restylage de sa berline vedette à un carrossier italien — un épisode oublié qui éclaire d'un jour nouveau la genèse de la Polonez : le recours au design italien n'est pas une première historique en 1974, mais la réussite, cette fois, d'une tentative déjà envisagée deux décennies plus tôt.
Une commande confiée à Carrozzeria Ghia
En 1957, dans le but de moderniser la silhouette vieillissante de la Warszawa M-20, FSO noue une coopération avec le carrossier turinois Carrozzeria Ghia. Deux châssis complets sont envoyés en Italie à l'automne 1957 ; ils reviennent en Pologne, sous forme de prototypes roulants (une berline et un break), dans la première moitié de 1959, accompagnés de la documentation technique, des maquettes d'outillage d'emboutissage et des gabarits de tôlerie nécessaires à une éventuelle industrialisation. Les prototypes sont présentés au premier secrétaire du parti Władysław Gomułka en personne.
Un designer de tout premier plan
Le concepteur de ce prototype est Sergio Sartorelli, l'un des stylistes italiens les plus réputés de sa génération — auteur, par ailleurs, du dessin du Karmann Ghia de Volkswagen et, plus tard, des Fiat 126, Ritmo et Regata. Les prototypes empruntent de nombreux éléments et accessoires à des véhicules alors produits en Italie et aux États-Unis (dont Lancia, Fiat, Alfa Romeo et Chrysler).
Un abandon pour raisons de coût, puis la destruction des prototypes
Le projet, chiffré à 62 000 dollars US pour sa seule phase de conception, n'est jamais industrialisé — les coûts de mise en production jugés excessifs, dans le contexte d'une économie polonaise contrainte, ayant eu raison de cette tentative de modernisation par le style. Les deux prototypes sont envoyés à l'Ośrodek Badawczo-Rozwojowy (le centre de recherche-développement de FSO) de Falenica, où ils seront mis à la ferraille entre 1976 et 1978, avec plusieurs autres prototypes polonais abandonnés — dont, très probablement, des études liées à la Warszawa 210 ou à la Syrena 110 (voir La fondation de FSO et la Warszawa (1948-1973) — un constructeur d'État né d'un projet Fiat avorté).
Un précédent qui éclaire la Polonez
Ce projet avorté illustre une continuité méconnue dans l'histoire industrielle de FSO : bien avant que le recours au style italien ne devienne, avec la Polonez, un argument central de modernisation assumée (voir La genèse de la Polonez (1974-1978) — un hayon italien sur un châssis Fiat 125p vieillissant), la direction du constructeur avait déjà identifié l'Italie comme le réservoir de compétences stylistiques le plus pertinent pour rajeunir ses productions — près de vingt ans avant que ce pari ne soit, cette fois, mené à son terme industriel.
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/FSO_Warszawa ↗
- La genèse de la Polonez (1974-1978) — un hayon italien sur un châssis Fiat 125p vieillissantFSO / Polonez (Pologne, 1948-2011) · Histoire et modèles
- La fondation de FSO et la Warszawa (1948-1973) — un constructeur d'État né d'un projet Fiat avortéFSO / Polonez (Pologne, 1948-2011) · Histoire et modèles
- La carrosserie de la Polonez — un hayon rare dans le bloc de l'Est, un Cx contestéFSO / Polonez (Pologne, 1948-2011) · Carrosserie