L'essai Road & Track de mai 1968 : ivresse sonore et confort spartiate
Le contexte de l'essai
En mai 1968, le magazine américain Road & Track consacre l'un de ses essais les plus commentés à la Miura P400, alors commercialisée aux États-Unis autour de 20 000 dollars. L'article est resté suffisamment marquant pour être republié et commenté plus de cinquante ans plus tard par le site spécialisé Curbside Classic.
Des sensations mécaniques jugées grisantes
Les essayeurs décrivent la montée en régime du V12 jusqu'à 7 900 tr/min comme une expérience proche de l'extase, et jugent la tenue de route en enchaînement de virages comparable à celle d'un prototype d'endurance — à condition, précisent-ils, d'en avoir « le cran ». Sur la portion d'autoroute ouverte du Nevada où l'essai est mené, la voiture atteint 163 mph (environ 262 km/h), loin des 180 mph parfois avancés comme vitesse de pointe théorique — un nouvel exemple, après ceux déjà recensés dans Combien de Miura ont vraiment été construites ? Une enquête chassis par chassis, de l'écart entre les chiffres officiels ou espérés et les mesures réellement constatées.
Des débuts encore rustiques sur le plan pratique
L'essai relève aussi les limites bien réelles d'une auto de sport radicale conçue en un temps record : la commande de la boîte 5 rapports, reliée au bloc moteur-boîte transversal par une tringlerie complexe (voir Un seul bloc pour le moteur, la boîte et le pont : le défi technique hérité de la Mini), est jugée peu précise et nécessiterait, selon les essayeurs, d'être affinée. La ventilation de l'habitacle est décrite comme rudimentaire (un seul régime de soufflerie), et l'habitabilité reste comptée : la garde au toit est jugée insuffisante pour un conducteur dépassant 1,73 m.
Une performance chronométrique plus modeste qu'attendu... et un avertissement précoce
Fait notable et peu connu : sur le seul critère du quart de mile, la Miura n'est pas plus rapide qu'une Chevrolet Camaro Z/28 — une voiture américaine coûtant alors moins du quart de son prix — même si elle la distance nettement en vitesse de pointe sur route ouverte. Les essayeurs de l'époque notent déjà une portance sensible au-delà de 130 mph (210 km/h), observation qui rejoint directement, avec presque quinze ans d'avance sur sa formulation technique complète, le défaut aérodynamique documenté dans Le défaut de jeunesse de la Miura : la portance aérodynamique à haute vitesse.
Un verdict resté célèbre
Malgré ces réserves très concrètes, l'essai conclut sur un ton enthousiaste, jugeant la Miura difficilement utilisable dans l'est densément peuplé des États-Unis, mais l'estimant incontournable pour quiconque, vivant dans l'Ouest américain, disposerait du budget nécessaire pour s'en offrir une.
Voir aussi
- Le défaut de jeunesse de la Miura : la portance aérodynamique à haute vitesse · Combien de Miura ont vraiment été construites ? Une enquête chassis par chassis · Un seul bloc pour le moteur, la boîte et le pont : le défi technique hérité de la Mini · Sinatra, Miles Davis, Van Halen : la Miura et ses propriétaires célèbres
- Site source
- curbsideclassic.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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