Au volant d'une Saab 900 : un cockpit d'avion, une direction précise, un tempérament posé
Un rituel de démarrage immédiatement identifiable
S'installer au volant d'une 900 commence, avant même de tourner la clé, par un geste qui n'appartient qu'à Saab : la clé de contact se glisse dans une fente logée entre les sièges avant, juste derrière le levier de vitesses plutôt que sur la colonne de direction (voir l'explication complète de cette signature dans La clé de contact au plancher sur la 900 : quinze ans de continuité, puis une disparition nette avec la NG), avec l'obligation, pour se garer, d'enclencher la marche arrière afin de verrouiller les roues par sécurité. Le bloc quatre cylindres, une fois lancé, délivre une sonorité étonnamment grave pour sa cylindrée, doublée d'un timbre d'échappement immédiatement reconnaissable par tout amateur de la marque.
Un tableau de bord dessiné pour l'œil, pas seulement pour l'esthétique
L'ergonomie de la planche de bord, déjà évoquée dans ce corpus au sujet de son héritage aéronautique assumé (voir Un habitacle vécu comme un cockpit — le vocabulaire visuel aéronautique dans la 99, dossier saab-96/), atteint sur la 900 un degré de raffinement supplémentaire : selon Wikipédia, les ingénieurs Saab positionnent chaque commande et chaque cadran en fonction de sa fréquence d'utilisation et de son importance relative, de manière à ce que le regard du conducteur quitte la route le moins longtemps et selon l'angle le plus faible possible — c'est cette logique précise qui explique, par exemple, pourquoi l'autoradio, pourtant manipulé fréquemment, se trouve placé étonnamment haut sur la console plutôt qu'en position basse comme sur la plupart des tableaux de bord contemporains. Le tableau de bord lui-même est incurvé pour rapprocher chaque commande de la main du conducteur, une continuité directe avec la philosophie déjà décrite pour le cockpit de la 99.
Un agrément routier loué par la presse, y compris hors turbo
Assistance de direction à crémaillère bien dosée, comportement sain en usage urbain, tenue de cap remarquable même sur revêtement dégradé, sièges jugés superbement confortables, position de conduite excellente : le guide d'achat Hagerty dresse un tableau routier flatteur qui dépasse largement le seul agrément de la version Turbo. Sur celle-ci justement, le levier de vitesses affiche un guidage volontairement plus ferme et plus « typé » qu'une rivale contemporaine telle que la BMW 325i (E30) de la même période — un choix cohérent avec le tempérament posé de la voiture plutôt qu'avec une recherche de sportivité pure. Les arbres de transmission de longueur égale limitent efficacement les effets de couple dans la direction en forte accélération, un point sur lequel la 900 Turbo se distingue nettement de rivales contemporaines à moteur transversal plus déséquilibré, telles que la Ford Escort RS Turbo ou la Renault 21 Turbo.
Le turbo, une puissance qui se mérite plutôt qu'elle ne s'impose
Jusqu'à environ 2 000 tr/min, la version Turbo ne se distingue guère d'une motorisation atmosphérique ; c'est au-delà, lorsque l'aiguille du manomètre de suralimentation bascule dans les zones orange puis rouge du cadran caractéristique de l'APC (voir L'APC (Automatic Performance Control) : le cerveau anticliquetis du Turbo 900, expliqué), que la voiture change véritablement de registre — un régime de couple disponible dès 2 800-3 000 tr/min qui autorise des dépassements francs sans multiplier les rétrogradages. Un vaste coffre de 610 litres, supérieur à celui de nombreux breaks contemporains, complète un tableau routier pensé avant tout pour un usage quotidien haut de gamme plutôt que pour la seule performance ponctuelle.
Voir aussi
- La clé de contact au plancher sur la 900 : quinze ans de continuité, puis une disparition nette avec la NG
- Un habitacle vécu comme un cockpit — le vocabulaire visuel aéronautique dans la 99
- L'APC (Automatic Performance Control) : le cerveau anticliquetis du Turbo 900, expliqué
- Turbo lag et perception de fragilité : comment la 900 Turbo a rassuré une génération d'automobilistes
- Site source
- hagerty.co.uk
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Turbo lag et perception de fragilité : comment la 900 Turbo a rassuré une génération d'automobilistesSaab 900 · Conduite
- La clé de contact au plancher sur la 900 : quinze ans de continuité, puis une disparition nette avec la NGSaab 900 · Allumage électricité
- Un habitacle vécu comme un cockpit — le vocabulaire visuel aéronautique dans la 99Saab 96 & Saab 99 · Conduite
- L'APC (Automatic Performance Control) : le cerveau anticliquetis du Turbo 900, expliquéSaab 900 · Moteur
- Chauffage et ventilation de la Saab 900 : le premier filtre d'habitacle au mondeSaab 900
- La clé de contact au plancher sur la 900 : quinze ans de continuité, puis une disparition nette avec la NGSaab 900
- La suspension de la Saab 900 : double triangulation avant et essieu rigide à liaisons WattsSaab 900