Sensations de conduite de la Golf II GTI — le duel avec la 205 GTI vu côté allemand
La rivalité entre la Golf GTI et la Peugeot 205 GTI est l'un des duels les plus commentés de l'histoire de la presse automobile des années 1980 (voir la fiche consacrée aux sensations de conduite de la 205 GTI, qui documente en détail sa réputation de survirage au lever de pied). Cette fiche n'a pas vocation à répéter ce contenu déjà écrit côté Peugeot, mais à documenter, avec des sources fiables plutôt qu'un cliché répété sans vérification, la perspective spécifiquement allemande/Golf de cette rivalité — en particulier pour la génération II de la GTI, dont le tempérament diffère sensiblement de celui de la devancière.
Un comportement documenté comme rassurant plutôt que piégeux
Contrairement à la 205 GTI, la Golf II GTI n'a pas de réputation de survirage brutal au lever de pied. Un essai rétrospectif publié par L'Automobile Sportive, qui a spécifiquement testé le comportement en virage de la GTI 8S, le formule sans ambiguïté : la voiture « reste sécurisante », suit fidèlement la trajectoire imposée au volant, « comme un train, sur des rails », sans survirage perceptible même en conduite appuyée. Poussée au-delà de ses limites raisonnables, la voiture se contente de faire légèrement « lever la patte » arrière puis bascule en sous-virage plutôt qu'en survirage — l'exact opposé du comportement qui a fait la légende, entretenue ou nuancée selon les sources, de la 205 GTI. Cette description, sourcée sur un essai réel plutôt que sur une simple réputation orale, permet de documenter précisément la différence de philosophie entre les deux voitures sans céder à la caricature facile.
Le poids et la taille en cause : le constat de la presse anglo-saxonne
Le magazine britannique Octane, dans un comparatif rétrospectif consacré au duel Golf/205 (portant toutefois principalement sur la Golf I GTI face à la 205), rapporte un souvenir de première main d'un journaliste ayant testé les deux voitures neuves au milieu des années 1980 : au moment où la 205 GTI arrive sur le marché, la Golf GTI de première génération vient déjà d'être remplacée par la Mk2, « plus grande et plus lourde », et l'accueil de cette évolution est décrit comme partagé au sein même de la rédaction du magazine britannique Motor de l'époque. Comparée à la 205, alors perçue comme aussi focalisée qu'une Caterham Seven, même la Golf I GTI paraissait soudain, selon ce témoignage direct, « étonnamment mature et un peu floue » — un jugement qui, par extension, s'applique a fortiori à la Golf II GTI, plus grande et plus lourde encore que la Mk1 qu'elle a remplacée (voir La genèse de la Golf II — un développement mûri, à l'opposé de l'urgence de la Golf I pour le détail chiffré de cette prise d'embonpoint).
La version 16 soupapes face à la 205 GTI 1.9 : deux philosophies plutôt qu'un verdict
Une comparaison plus directe, portant cette fois sur la Golf II GTI 16V face à la 205 GTI 1.9 — les deux versions les plus poussées de chaque camp — ressort d'un recoupement de retours d'enthousiasts anglophones (forums et agrégateurs de comparatifs communautaires) : la 205 y est unanimement décrite comme la plus incisive à la prise de virage, avec une direction plus communicative et un châssis plus disponible au jeu, quand la Golf 16V est jugée plus « posée et fluide » mais moins bavarde avec son pilote. Une formule récurrente dans ces retours oppose une Golf « nettement plus raffinée mais un peu endormie » à une 205 « comme une voiture de rallye, chaque trajet ressemblant à une spéciale, bruyante et un peu bringuebalante » — un contraste de philosophies plutôt qu'un verdict à sens unique, la 205 profitant en outre d'un couple disponible plus tôt (128 ch pour 161 lb⋅ft selon ces mêmes sources) facilitant les dépassements sans devoir maintenir un régime élevé. Ces retours, de nature communautaire et non d'essais de presse institutionnels, sont rapportés ici comme un indicateur convergent plutôt que comme une source de référence isolée.
Un basculement du rapport de force outre-Manche
Signe tangible de ce changement de statut relatif entre les deux devancières : selon Wikipédia germanophone, la GTI (toutes motorisations confondues) ne représentait qu'environ 2 % de la production totale de Golf II en Allemagne, contre une proportion nettement plus élevée au Royaume-Uni, où environ une Golf II sur six (16 %) vendue était une GTI — signe que le marché britannique, particulièrement friand de hot-hatches et grand consommateur de comparatifs Golf/205, continuait de plébisciter la GTI malgré (ou grâce à) son évolution vers davantage de maturité.
Voir aussi
- Site source
- automobile-sportive.com
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
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