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§ 11 · Compétition

L'A610 aux 24 Heures du Mans (1994) — le pari privé de Patrick Legeay, 13e au général

Alpine GTA / A610 · 1984–1991 · 4 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Alors qu'Alpine elle-même n'est plus engagée sous son propre nom en compétition depuis la victoire des prototypes A442 en 1978 (voir La GTA Production d'Alain Serpaggi (1986) — la dernière Alpine d'usine de l'ère Rédélé, retrouvée en 2015 pour l'engagement isolé de 1986 et le rôle de transition de l'A310 pour ce contexte plus large), c'est une initiative strictement privée qui offre à l'A610 son unique participation documentée aux 24 Heures du Mans.

Patrick Legeay, « le Sorcier de Téloché »

Patrick Legeay (1952-2024), préparateur automobile installé à Téloché, à quelques kilomètres du circuit de la Sarthe, s'est spécialisé depuis 1980 dans la préparation de mécaniques Renault : Coupe de France R5 (champion), Coupe d'Europe R5 Turbo (vice-champion), Eurocup et Coupe de France Clio — un palmarès qui lui vaut d'être reconnu comme préparateur agréé par Renault Sport, selon les24heures.fr. C'est tout naturellement vers les 24 Heures du Mans, à deux pas de son atelier, qu'il se tourne ensuite.

1994 : un engagement privé qui crée la surprise

Pour l'édition 1994, Legeay engage une Alpine A610 Turbo, immatriculée sous le numéro 60, avec le soutien limité mais réel de l'usine Alpine de Dieppe, qui fournit un châssis spécialement préparé et allégé de 35 kg selon les éléments recueillis pour ce corpus. Le moteur V6 PRV, porté en version course à une architecture bi-turbo (contre un seul turbocompresseur sur la version de route, voir Le V6 PRV 3 litres Z7X-744 de l'A610 — 250 ch et une culasse 24 soupapes qui n'a jamais existé sur ce moteur), délivre en configuration course 430 ch à 5 300 tr/min pour un couple de 520 N·m, selon la fiche technique détaillée publiée par la base de données 24h-en-piste.com — très loin des 250 ch de série.

Aux mains de l'équipage Jean-Claude Police, Luc Galmard et Benjamin Roy, tous trois à leur première participation aux 24 Heures selon cette même base de données, la voiture s'élance en 34e position sur la grille et termine la course à la 13e place au classement général, soit la 5e place de la catégorie GT2, devant plusieurs Porsche 911 RSR et Ferrari 348 engagées dans la même catégorie. Sur les 24 heures de course, l'équipage parcourt 272 tours (3 699,200 km) à une moyenne de 154,13 km/h, avec une pointe relevée à 287 km/h. lesalpinistes.com qualifie ce résultat de « témoignage éloquent » du savoir-faire de Legeay, obtenu avec un budget sans commune mesure avec celui des équipes d'usine.

1995 : une seconde tentative qui tourne au désastre financier

Encouragé par ce résultat, Legeay prépare une seconde Alpine pour l'édition 1995 des 24 Heures. Selon les24heures.fr, une erreur de préparation empêche cette fois la voiture de disputer les préqualifications — un échec qui débouche sur un véritable désastre financier pour l'écurie, Legeay devant déposer le bilan de son entreprise. Celle-ci n'est sauvée que grâce à l'intervention de Jean-Michel Roy, père du pilote de Formule 3 Benjamin Roy (déjà membre de l'équipage victorieux de 1994) et directeur de la structure RJ Racing.

Après l'arrêt d'Alpine en 1995 : un projet de reconversion sur base Renault Sport Spider

L'arrêt officiel de la production Alpine en 1995 (voir Le statut mouvant de la marque Alpine au sein de Renault (1980-1995)) n'interrompt pas l'aventure sportive initiée par Legeay : il se tourne, avec l'appui informel de Renault (Christian Contzen et Jean Coquery, responsable des projets spéciaux du constructeur, sont cités par les24heures.fr comme parties prenantes), vers un projet consistant à greffer le V6 PRV bi-turbo de l'A610 dans une carrosserie de Renault Sport Spider transformée en coupé à empattement modifié. Deux exemplaires de ce prototype hybride se présentent aux préqualifications des 24 Heures du Mans 1996, sans toutefois disposer d'assez de kilométrage d'essai pour valider ce test — l'un des deux exemplaires obtient malgré tout une place de réserve, ce que les24heures.fr salue comme la démonstration d'un « excellent potentiel ». Cette même source indique que ces prototypes seraient ensuite revus « au Mans, mais aussi en BPR » — la suite de cette histoire, dans la mesure où elle concerne spécifiquement des Alpine A610 plutôt que ces prototypes dérivés du Spider, fait l'objet d'une fiche séparée (voir L'A610 dans le championnat BPR (1996) — une présence confirmée mais peu documentée en détail).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
24h-en-piste.com (base de données de résultats), lesalpinistes.com (François-Xavier), les24heures.fr (Thierry Chargé), carjager.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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