L'Audi 90 quattro IMSA GTO (1989) : la démonstration de force américaine du programme quattro
Après le rallye, la piste américaine
Après avoir dominé le rallye mondial au début des années 1980 avec l'Ur-Quattro (voir le dossier Audi quattro, hors périmètre de ce dossier), Audi cherche à la fin de la décennie à démontrer la supériorité de la transmission intégrale quattro sur circuit, aux États-Unis. La démonstration se fait en deux temps : d'abord en Trans-Am 1988 avec l'Audi 200 quattro Trans-Am (châssis interne R4, basé sur la gamme Audi 100/200 plutôt que sur l'Audi 80/90 — donc hors du périmètre strict de ce dossier), qui remporte huit victoires et le titre du championnat dès sa première saison, avec Hurley Haywood, Walter Röhrl et Hans-Joachim Stuck au volant, engagés par Audi via l'écurie Group 44 de Bob Tullius. Fort de ce succès, Audi engage l'année suivante un tout nouveau programme, cette fois directement basé sur l'Audi 80/90 B3 : l'Audi 90 quattro IMSA GTO.
Le seul programme officiel d'usine basé sur la 80/90 B3
Selon Wikipédia germanophone, l'Audi 90 quattro IMSA GTO (désignation de châssis interne R5) est, textuellement, « le seul véhicule de course engagé en usine par Audi sur la base de l'Audi 80/90 B3 » — une précision qui mérite d'être soulignée dans ce dossier, tant elle distingue ce programme du reste de l'histoire compétition de la marque, largement dominée par des bases Audi 100/200 ou Audi Quattro. Engagée en 1989 dans le championnat américain IMSA, catégorie GTO, la voiture doit démontrer sur circuit ce que l'Ur-Quattro avait déjà démontré en rallye.
Un moteur directement issu du programme Pikes Peak
Le cœur technique de la voiture est un 5 cylindres turbocompressé en aluminium de 2,2 litres (2 190 cm³), directement dérivé du moteur de l'Audi Sport quattro S1 Pikes Peak — voir le Sport quattro S1 à Pikes Peak (dossier Audi quattro) pour l'origine de ce bloc, non détaillée à nouveau ici. Dans sa configuration IMSA GTO, ce moteur développe jusqu'à 530 kW (720 ch) pour 720 Nm de couple, transmis par une boîte manuelle à 6 rapports (dont un rapport bloqué par le règlement IMSA) et par la transmission intégrale permanente quattro. Les chiffres de performance annoncés sont impressionnants pour l'époque : environ 3,1 secondes du 0 à 100 km/h et une vitesse de pointe de 310 km/h.
Une carrosserie de compétition pure
Si la silhouette générale rappelle l'Audi 90 de série, la parenté s'arrête là : seul le toit en tôle d'acier de série est conservé, conformément au règlement, le reste de la carrosserie reposant sur un châssis tubulaire habillé d'une peau en matériau composite. La voiture est considérablement élargie par rapport au modèle de série, dotée d'un aileron arrière (à double étage sur les circuits rapides), pour un poids ramené à seulement 1 206 kg.
Les pilotes et le palmarès de la saison 1989
Quatre pilotes se relaient au volant de l'Audi 90 quattro IMSA GTO au cours de la saison 1989 : Hans-Joachim Stuck, Hurley Haywood, Walter Röhrl et Scott Goodyear — Audi of America assurant la gestion du programme, avec Haywood et Stuck comme pilotes principaux et Goodyear/Röhrl en renfort sur les épreuves d'endurance. Stuck remporte sept victoires au cours de la saison : Summit Point, Mid-Ohio, Topeka, Sears Point, Watkins Glen, Lime Rock Park et Laguna Seca.
Audi fait toutefois l'impasse sur les deux épreuves d'endurance de la saison, les 24 Heures de Daytona et les 12 Heures de Sebring — une décision qui, faute de points engrangés sur ces deux manches à forte dotation, empêche la marque de combler son retard sur Ford au classement final. Audi termine la saison deuxième du championnat constructeurs avec 195 points, à 45 points de Ford. Au classement pilotes, Stuck termine troisième et Haywood quatrième.
La sortie des pistes américaines
À l'issue de cette unique saison 1989, Audi se retire des circuits nord-américains pour engager, dès 1990, un tout nouveau programme en DTM (championnat allemand des voitures de tourisme) avec l'Audi V8 quattro — un modèle hors du périmètre chronologique et technique de ce dossier consacré à l'Audi 80/90. L'Audi 90 quattro IMSA GTO reste ainsi une parenthèse unique, aussi brève qu'intense, dans l'histoire compétition de cette gamme.
Voir aussi
- Site source
- de.wikipedia.org ; en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- Trans-Am 1988 : huit victoires en treize courses, puis l'exclusion réglementaire de la transmission intégraleAudi 100 / Audi 200
- Les moteurs 5 cylindres de l'Audi 90 : un héritage de l'Audi 100, jusqu'au 20 soupapesAudi 80/90
- L'Audi 80 en tourisme des années 1990 : Supertourisme français, STW allemand et le DTM qui n'a jamais eu lieuAudi 80/90