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§ 10 · Restauration

La collection Kröll — le sauvetage brêmois de 44 Borgward

Borgward / Isabella · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

L'histoire de la plus importante collection privée de véhicules Borgward jamais réunie ne se déroule pas à Brême, mais en Autriche — avant de faire, un demi-siècle après la faillite du groupe, un retour improbable dans sa ville d'origine.

Un rassemblement autrichien, œuvre d'un passionné

Le collectionneur Helmut Kröll, président du Borgward-Club de la ville autrichienne de Vöcklabruck, avait rassemblé de son vivant une collection exceptionnelle de véhicules des quatre marques du groupe — Borgward, Hansa, Goliath et Lloyd —, du modeste tricycle Goliath jusqu'à l'élégant cabriolet Isabella. À sa mort, sa veuve laisse les véhicules inutilisés pendant une dizaine d'années dans un hangar, jusqu'à ce qu'une émission de télévision consacrée aux voitures anciennes n'attire l'attention de la presse, puis de trois investisseurs brêmois.

Le rachat de 2003

En 2003, Heiner Hellmann (exploitant du site culturel Pier2), Edu Woltersdorff (du lieu culturel Modernes) et l'entrepreneur du bâtiment Lüder Kastens rachètent la collection dans son intégralité — 44 véhicules ainsi qu'un lot conséquent de pièces détachées — pour, selon leurs propres termes, « une somme à six chiffres, mais dans le bas de la fourchette ». Aucun des trois acheteurs ne se revendique pourtant collectionneur de voitures anciennes ni même passionné particulier de la marque : leur motivation, de leur propre aveu, tient avant tout au patriotisme local — l'idée qu'un pan du patrimoine industriel brêmois méritait de revenir à Brême plutôt que de rester dispersé ou de partir à l'étranger.

Une présentation publique toujours différée

Une fois les véhicules rapatriés à Brême, les trois investisseurs espèrent une collaboration avec la municipalité pour présenter dignement la collection au public — plusieurs projets sont envisagés au fil des années : un musée Borgward à part entière, un atelier de restauration « vitrine » dans d'anciens locaux industriels de la ville (l'ancienne orfèvrerie Koch & Bergfeld ou les anciennes halles du coutelier Wilkens), puis un espace combiné avec des lofts et un garage dans le hangar dit « Schuppen Eins » de l'Europahafen. Aucun de ces projets n'aboutit véritablement faute de financement public : en 2016, seuls cinq véhicules restaurés sont exposés à Schuppen Eins, tandis que le gros de la collection — une quarantaine de véhicules à l'état d'origine, patinés par plusieurs décennies de stockage mais souvent encore complets (clés et papiers d'origine conservés) — reste entreposé dans un hangar industriel en périphérie de la ville, en attente d'un tri définitif entre pièces à restaurer et pièces à céder individuellement.

Une pièce embarquée dans l'histoire : le Lloyd 300 « Leukoplastbomber »

Parmi les véhicules de la collection figure un Lloyd 300 d'origine, carrosserie en contreplaqué et similicuir noire, resté délibérément non restauré par choix des propriétaires — une décision assumée qui en fait, selon le journaliste ayant visité les lieux, moins une voiture qu'un véritable artefact archéologique de l'histoire industrielle de Brême (voir Lloyd — du « Leukoplastbomber » à l'Arabella pour l'histoire de ce modèle).

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Provenance de cette fiche
Site source
weser-kurier.de
Date d'extraction
12 sept. 2026
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