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§ 01 · Histoire et modèles

Lloyd — du « Leukoplastbomber » à l'Arabella

Borgward / Isabella · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Après avoir disparu des voitures particulières en 1929 (voir Les origines de Hansa-Lloyd avant Borgward (1908-1931)), le nom Lloyd renaît en 1950 sous la forme d'une filiale entièrement nouvelle du groupe Borgward, la Lloyd Motoren Werke GmbH, chargée de l'entrée de gamme. Sa production ne cessera qu'en 1963, deux ans après la faillite du groupe.

Le « Leukoplastbomber »

La première Lloyd d'après-guerre, la LP 300, est un modeste bicylindre deux-temps de 293 cm³ et 10 ch, dont la caisse en contreplaqué recouvert de similicuir repose sur un châssis en bois. Ce choix de construction, dicté par la pénurie de tôle d'acier du début des années 1950, vaut au modèle son surnom populaire de « Leukoplastbomber » (« bombardier au sparadrap ») : les accrocs de carrosserie se réparaient couramment avec de simples bandes de sparadrap de marque Leukoplast. Un dicton populaire de l'époque, aussi cruel qu'affectueux, résume la réputation de robustesse toute relative du modèle : « Wer den Tod nicht scheut, fährt Lloyd » (« qui ne craint pas la mort roule en Lloyd »). Malgré cette image, la Lloyd 300 puis 400 (carrosserie progressivement passée à la tôle d'acier entre 1953 et 1954, tout en conservant une ossature en bois autour des portières) rencontrent un vrai succès commercial : pendant plusieurs années des années 1950, elles se hissent à la troisième place des immatriculations allemandes, juste derrière Volkswagen et Opel — un score sans commune mesure avec le prestige, quasi nul, associé à la marque.

De la 600 à l'Alexander

Un nouveau bicylindre quatre-temps de 596 cm³ (19 ch) équipe à partir de 1955 la Lloyd 600, qui reste la voiture d'entrée de gamme du groupe jusqu'à la fin. Sa version enrichie, l'Alexander (1957), reçoit une boîte quatre vitesses et davantage de chromes ; l'Alexander TS pousse la puissance à 25 ch. Un coupé de style italien dessiné par Pietro Frua sur base Alexander est présenté au Salon de Turin en novembre 1958. Selon les décomptes disponibles, environ 176 500 Lloyd 600/Alexander/Alexander TS ont été produites au total, un volume qui place cette petite gamme au cœur du succès commercial du groupe dans les années 1950.

L'Arabella, dernière et périlleuse nouveauté Lloyd

Présentée au Salon de Francfort 1959, la Lloyd Arabella est le premier — et le seul — modèle Lloyd à recevoir un moteur quatre cylindres (un flat-four de 897 cm³ conçu dans l'urgence, voir Le moteur boxer improvisé de la Lloyd Arabella). Développée en seulement 23 mois, elle souffre à son lancement de nombreux défauts de jeunesse (dont des infiltrations d'eau qui lui vaudront le surnom moqueur d'« Aquabella ») qui abîment durablement la réputation du groupe à un moment critique de son histoire (voir La chronologie de la faillite de 1961). Après la faillite, la production se poursuit à volume très réduit sous le nom Borgward Arabella jusqu'en 1963 ; au total, 47 549 Arabella auront été produites.

Une filiale à l'étranger : la Lloyd-Hartnett australienne

Fait moins connu, la Lloyd 600 a également été assemblée en Australie à la fin des années 1950 dans le cadre d'une coentreprise entre Carl Borgward et l'industriel australien Laurence Hartnett (ancien dirigeant de Holden), sous le nom Lloyd-Hartnett : environ 3000 exemplaires y ont été construits entre décembre 1957 et 1962, un jalon supplémentaire de l'expansion internationale du groupe (voir Une production internationale précoce — Argentine, Mexique, Indonésie).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org (+ recoupements curbsideclassic.com, weser-kurier.de)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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