Embrayages et boîtes automatiques chez Borgward — Saxomat et Hansamatic
Le groupe Borgward a proposé, au fil des années 1950, pas moins de trois solutions distinctes pour affranchir le conducteur de la pédale d'embrayage — avec des fortunes techniques très inégales.
Le Saxomat : un embrayage automatique, pas une boîte automatique
Sur l'Isabella, ainsi que sur la Goliath/Hansa 1100 et sur l'Arabella (voir Le moteur boxer improvisé de la Lloyd Arabella), Borgward propose en option le système Saxomat, largement répandu dans l'industrie allemande de l'époque (on le retrouve aussi, sous des noms commerciaux variés, chez Fiat, Lancia, Saab, Auto Union, Ford Allemagne, Trabant, BMW, Opel, NSU ou Volkswagen). Il ne s'agit pas d'une boîte automatique au sens propre — le conducteur continue de sélectionner ses rapports manuellement — mais d'un dispositif qui supprime la pédale d'embrayage grâce à deux mécanismes complémentaires : un embrayage centrifuge, qui s'engage automatiquement au-delà d'un certain régime moteur sous l'effet de masselottes tournantes (sur le principe d'un régulateur centrifuge classique), et un embrayage asservi électro-pneumatique, qui désengage automatiquement l'embrayage dès que le conducteur touche le levier de vitesses, grâce à une électrovanne pilotant la dépression du collecteur d'admission vers un vérin dédié.
Le Hansamatic d'origine : une boîte maison décevante
Sur la Hansa 2400 (1952), Borgward tente de développer en interne la toute première boîte entièrement automatique de conception allemande : une boîte à deux rapports commercialisée sous le nom Hansamatic. L'expérience tourne court : ce mécanisme maison se révèle peu fiable, s'ajoutant aux défauts de freinage du modèle pour ternir durablement sa réputation commerciale (voir Le haut de gamme du groupe — Hansa 2400 et P100 « Großer Borgward »).
Le Hansamatic du P100 : une seconde tentative, sous licence britannique
Tirant les leçons de cet échec, Borgward ne développe plus lui-même la boîte automatique optionnelle du P100 (1959) : celle-ci, qui reprend commercialement le même nom Hansamatic, est en réalité fabriquée sous licence par la société britannique spécialisée Hobbs Transmission Ltd, qui construisait ces boîtes à la commande plutôt que sur une véritable chaîne de série (plus de 150 unités « Hansamatic » auraient ainsi été reprises par Borgward). Le résultat, nettement plus fiable que la première tentative de la Hansa 2400, illustre un cas assez rare, pour un groupe par ailleurs très attaché à l'intégration verticale de sa production, de recours assumé à une technologie étrangère éprouvée plutôt qu'à un développement interne risqué.
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org (+ recoupements de.wikipedia.org, curbsideclassic.com)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Saxomat ↗
- Le six-cylindres du P100 — fiche techniqueBorgward / Isabella · Moteur
- Le moteur de l'Isabella — fiche technique du quatre-cylindres 1,5 litreBorgward / Isabella · Moteur
- Le moteur boxer improvisé de la Lloyd ArabellaBorgward / Isabella · Moteur
- Le haut de gamme du groupe — Hansa 2400 et P100 « Großer Borgward »Borgward / Isabella · Histoire et modèles
- La Lloyd Arabella — un châssis et une sécurité passive en avance sur son tempsBorgward / Isabella
- Le six-cylindres du P100 — fiche techniqueBorgward / Isabella
- Le moteur boxer improvisé de la Lloyd ArabellaBorgward / Isabella
- Le moteur de l'Isabella — fiche technique du quatre-cylindres 1,5 litreBorgward / Isabella