Le haut de gamme du groupe — Hansa 2400 et P100 « Großer Borgward »
Si l'Isabella est le grand succès populaire du groupe, Borgward n'a jamais renoncé à concurrencer Mercedes-Benz sur le segment le plus prestigieux — sans jamais vraiment y parvenir commercialement, malgré une avance technique réelle sur son dernier modèle.
La Hansa 2400, un premier échec coûteux
Présentée en septembre 1952, la Hansa 2400 est un six-cylindres de 2337 cm³ (82 ch) proposé dans un premier temps avec une carrosserie fastback jugée, avec le recul, inspirée des Hudson américaines — un style déjà démodé à sa sortie. Elle inaugure surtout la toute première boîte automatique entièrement conçue en Allemagne, la Hansamatic à deux rapports, mais ce mécanisme maison se révèle peu fiable et contribue, avec des freins jugés sous-dimensionnés et des lève-vitres électriques capricieux, à ternir la réputation du modèle. Seuls 743 exemplaires de la version fastback sont vendus en trois ans. Une carrosserie tricorps plus classique, la Pullman, disponible à partir de 1953, ne fait guère mieux (345 exemplaires en trois ans malgré une révision profonde en 1955) : au total, à peine 1399 Hansa 2400 toutes versions sortent d'usine entre 1952 et 1958, un score qui en fait sans doute l'échec commercial le plus cuisant de toute la gamme du groupe — un revers que le succès parallèle de l'Isabella permet cependant à Carl Borgward de reléguer au second plan.
Le P100, premier air-suspendu allemand de série
Présenté au Salon de Francfort en septembre 1959 et commercialisé sous l'appellation officielle « Großer Borgward » (« Grand Borgward », désigné en interne P100), le nouveau haut de gamme reprend un moteur six-cylindres dérivé de la Hansa 2400, ramené à 2240 cm³ mais toujours crédité de 100 ch grâce à un poids réduit d'environ 300 kg — ce qui lui permet d'atteindre 160 km/h, cinq de plus que sa devancière, tout en étant plus sobre. Sa carrosserie, aux lignes anguleuses et aux petits ailerons, doit beaucoup à l'influence du style Pininfarina alors en vogue (Fiat 1800, Peugeot 404, Austin Westminster) — voir Le style du P100 — l'influence de l'école Pininfarina.
Sa véritable innovation reste toutefois mécanique : à partir de janvier 1960, le P100 devient le premier véhicule de série allemand proposé avec une suspension pneumatique (en option, moyennant supplément), un an tout juste avant que Mercedes-Benz n'introduise à son tour ce type de suspension sur sa 300 SE (voir La suspension pneumatique du P100 — première allemande de série pour le détail technique). Une boîte automatique optionnelle, la Hansamatic, cette fois fournie sous licence par la société britannique Hobbs Transmission Ltd, se révèle nettement plus fiable que celle, maison, de la défunte Hansa 2400.
La montée en cadence de la production reste cependant très lente : six exemplaires seulement fin 1959, 869 cumulés fin 1960. La crise financière du groupe, publique dès janvier 1961, n'arrange rien : 1680 P100 supplémentaires sortent d'usine en 1961 jusqu'à l'ouverture de la procédure de faillite en septembre, puis 38 seulement en 1962 sous administration judiciaire — pour un total définitif de 2591 exemplaires (2587 selon une autre source, le VDA). Le développement du modèle avait coûté environ 30 millions de DM au groupe, une charge financière que la Chronologie officielle de la faillite retient parmi les causes de la crise de trésorerie de 1960 (voir La chronologie de la faillite de 1961).
Une seconde vie mexicaine
Comme l'Isabella, la chaîne de production du P100 est rachetée après la faillite et expédiée au Mexique (voir Une production internationale précoce — Argentine, Mexique, Indonésie) : après un premier échec en 1964 faute de capitaux, une nouvelle société y relance la production de 1966 à 1970 sous le nom « 230 » (puis « 230 GL Pullman » pour une version rallongée à ailerons), toujours sans la suspension pneumatique d'origine — plus de 2260 exemplaires supplémentaires y seront assemblés, prolongeant de près d'une décennie la carrière du dernier grand modèle Borgward.
Voir aussi
- 1948-1949 — la renaissance : trois sociétés et une Hansa 1500 pionnière · La suspension pneumatique du P100 — première allemande de série · Le style du P100 — l'influence de l'école Pininfarina · Le six-cylindres du P100 — fiche technique · Une production internationale précoce — Argentine, Mexique, Indonésie
- Site source
- de.wikipedia.org (+ recoupements en.wikipedia.org, curbsideclassic.com)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://de.wikipedia.org/wiki/Borgward_P_100 ↗
- Une production internationale précoce — Argentine, Mexique, IndonésieBorgward / Isabella · Histoire et modèles
- La chronologie de la faillite de 1961Borgward / Isabella · Histoire et modèles
- Le style du P100 — l'influence de l'école PininfarinaBorgward / Isabella · Carrosserie
- 1948-1949 — la renaissance : trois sociétés et une Hansa 1500 pionnièreBorgward / Isabella · Histoire et modèles
- La suspension pneumatique du P100 — première allemande de sérieBorgward / Isabella · Freins trains pneus
- Le six-cylindres du P100 — fiche techniqueBorgward / Isabella · Moteur
- Une production internationale précoce — Argentine, Mexique, IndonésieBorgward / Isabella
- Le style du P100 — l'influence de l'école PininfarinaBorgward / Isabella
- La Lloyd Arabella — une genèse précipitée aux conséquences lourdesBorgward / Isabella
- 1948-1949 — la renaissance : trois sociétés et une Hansa 1500 pionnièreBorgward / Isabella
- La suspension pneumatique du P100 — première allemande de sérieBorgward / Isabella
- Le six-cylindres du P100 — fiche techniqueBorgward / Isabella
- Embrayages et boîtes automatiques chez Borgward — Saxomat et HansamaticBorgward / Isabella
- Acheter une Borgward aujourd'hui — rareté relative et pièces détachéesBorgward / Isabella