La controverse du chantier de Bahia (2024-2026) : conditions de travail, sous-traitance, et issue judiciaire
Le 24 décembre 2024 : le sauvetage de travailleurs par les autorités brésiliennes
Le 24 décembre 2024, le ministère public du Travail brésilien (MPT) annonce avoir secouru 163 travailleurs chinois sur le chantier de construction d'une usine BYD à Camaçari, dans l'État de Bahia, dans des conditions officiellement qualifiées d'« assimilables à l'esclavage » (análogas à escravidão) — une caractérisation à laquelle s'ajoute, selon certaines sources, celle de victimes de traite internationale d'êtres humains. Les manquements documentés par les autorités incluent la confiscation de passeports, une retenue salariale atteignant 60 % des rémunérations, un ratio d'une seule salle de bain pour 31 travailleurs, des couchages sans matelas et des cas de blessures liées à l'exposition au soleil.
Une responsabilité de sous-traitance, et deux registres de communication distincts
Le prestataire directement mis en cause est China Jinjiang Construction Brazil Ltda, une entreprise sous-traitante du chantier — et non BYD elle-même en tant qu'employeur direct à ce stade de l'affaire. La réponse de BYD se déploie alors sur deux registres nettement distincts : sa filiale brésilienne résilie « avec effet immédiat » le contrat avec Jinjiang dès le 23 décembre 2024, déclare ne « tolérer aucune violation du droit brésilien et de la dignité humaine », et reloge les travailleurs concernés à l'hôtel ; dans le même temps, le porte-parole de communication internationale de BYD, Li Yunfei, publie sur le réseau chinois Weibo un message accusant des « forces étrangères non identifiées » de « salir les marques chinoises, salir la Chine, et tenter de nuire à l'amitié sino-brésilienne » — une tonalité sensiblement plus défensive et à visée domestique chinoise que la communication officielle adressée au public brésilien. Le 28 décembre 2024, le ministère brésilien des Affaires étrangères suspend les visas de travail temporaires de BYD.
Une divergence chiffrée non réconciliée, signalée plutôt que tranchée
⚠️ Conformément à la méthodologie de ce corpus, ce dossier signale explicitement une divergence chiffrée relevée dans la couverture de cette affaire sur plus d'un an : le chiffre de 163 travailleurs (sous-ensemble secouru spécifiquement en conditions assimilées à l'esclavage, décembre 2024) coexiste avec un chiffre de 220 travailleurs cité dans la plainte civile déposée par le MPT en mai 2025, et avec un chiffre de 471 travailleurs évoqué plus tard comme total de l'ensemble des travailleurs en situation irrégulière (dont les 163 initiaux ne seraient qu'un sous-ensemble). Ces trois chiffres ne sont pas explicitement réconciliés d'une source à l'autre ; ce dossier les rapporte donc côte à côte plutôt que de n'en retenir qu'un seul par défaut. Le 28 mai 2025, le MPT dépose une plainte civile réclamant environ 257 millions de reais (45 à 50 millions de dollars) de dommages moraux collectifs contre BYD, Jinjiang et une troisième société de sous-traitance.
L'issue judiciaire : un accord signé, suivi malgré tout d'une inscription sur la liste noire brésilienne
En janvier 2026, BYD signe avec le ministère public du Travail brésilien un accord de conduite (Termo de Ajuste de Conduta, TAC) d'un montant d'environ 40 millions de reais (7 à 8 millions de dollars). Malgré cet accord, le 8 avril 2026, BYD est officiellement inscrite sur la « liste sale » du Brésil — le registre officiel des employeurs ayant soumis des travailleurs à des conditions assimilables à l'esclavage, tenu par le ministère du Travail et de l'Emploi — les inspecteurs du travail ayant estimé que les travailleurs concernés étaient directement subordonnés au constructeur automobile lui-même, et non aux seules entreprises sous-traitantes formellement contractantes. Ce dossier retient cette évolution comme un développement significatif et non anodin : l'issue de l'affaire aboutit, dix-sept mois après les faits, à une responsabilisation directe de BYD par les autorités brésiliennes, au-delà de la seule responsabilité de son sous-traitant initialement mise en avant par la communication du groupe.
Voir aussi
- Site source
- malaymail.com, voanews.com, scmp.com, mercopress.com, agenciabrasil.ebc.com.br
- Date d'extraction
- 14 sept. 2026