Aller au contenu
§ 07 · Conduite

Conduire une DS — les spécificités qui déroutent (et qui séduisent)

Citroën DS · 1955–1975 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Cette fiche rassemble, du point de vue du conducteur, les particularités déjà détaillées séparément et techniquement dans La boîte de vitesses à commande hydraulique (BVH) — fonctionnement du levier « sans embrayage » et Le freinage haute pression et le bouton « champignon » — l'objectif ici est de restituer l'expérience de conduite elle-même, telle que les sources la décrivent.

Le levier entre volant et tableau de bord

Premier dépaysement pour qui monte à bord d'une DS à boîte hydraulique : le levier de vitesses n'est ni au plancher, ni à la colonne de direction selon les habitudes classiques, mais fiché entre le tableau de bord et le volant. Sa grille de sélection (S/N/1/2/3/4/R) ne suit aucune des logiques habituelles d'une boîte manuelle à levier au plancher — une prise en main qui demande un temps d'adaptation avant de devenir un réflexe.

Un pied droit sollicité comme sur une manuelle, malgré l'absence de pédale d'embrayage

Contrairement à une idée répandue, conduire une DS à boîte hydraulique ne s'apparente pas à la conduite d'une automatique moderne : il n'y a pas de pédale d'embrayage, mais le conducteur doit malgré tout lever le pied de l'accélérateur pour monter un rapport et réaccélérer légèrement pour rétrograder, exactement comme sur une boîte manuelle classique — l'hydraulique se charge uniquement de la mécanique du débrayage et de l'engagement, pas de la coordination avec l'accélérateur (voir La boîte de vitesses à commande hydraulique (BVH) — fonctionnement du levier « sans embrayage » pour le détail technique complet).

Le champignon, un frein « à retardement psychologique »

La pédale de frein classique cède la place à un petit bouton-poussoir sans course, où la moindre pression déclenche un freinage puissant (voir Le freinage haute pression et le bouton « champignon »). De nombreux témoignages d'époque, cités par les sources consultées, décrivent un temps d'adaptation nécessaire — le geste du pied habitué à une course longue et progressive doit se réapprendre pour doser correctement une commande quasi instantanée. Une fois maîtrisé, ce dispositif est unanimement décrit dans les sources comme d'une efficacité redoutable.

Une position de conduite et une visibilité inédites

Les portes sans encadrement et le pare-brise panoramique bombé (voir Le design de Flaminio Bertoni — la carrosserie « goutte d'eau » et ses solutions d'ingénierie) offrent une visibilité largement supérieure à celle des automobiles contemporaines. Combinée à l'absence de tangage ou de roulis excessif grâce à la suspension hydropneumatique (voir La suspension hydropneumatique — principe et fonctionnement détaillé), l'expérience de conduite est décrite par la plupart des témoins d'époque comme radicalement différente de tout ce qui existait sur le marché en 1955 — l'un des ressorts principaux de la réception quasi religieuse réservée à la voiture par la presse (voir Roland Barthes et « la Déesse » — la DS dans Mythologies (1957)).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
citroenet.org.uk, lautomobileancienne.com
Auteur du site
Julian Marsh (citroenet.org.uk) ; alexrenault (l'Automobile Ancienne)
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci