Le design de Flaminio Bertoni — la carrosserie « goutte d'eau » et ses solutions d'ingénierie
Une forme sculptée plutôt que dessinée
Flaminio Bertoni travaille sur la ligne de la DS à la manière d'un sculpteur, directement sur des maquettes en plâtre grandeur nature plutôt que par le seul dessin — méthode déjà éprouvée sur la Traction Avant (voir Traction Avant → DS, la même équipe d'ingénierie à vingt ans d'écart — André Lefebvre et Flaminio Bertoni). Le résultat final, mis au point sur près de huit ans (première maquette « hippopotame 1 » en 1947, ligne définitive arrêtée au premier semestre 1955), est une forme en « goutte d'eau », pure et sans calandre traditionnelle — un parti pris esthétique radical pour l'époque, où la calandre restait un élément quasi obligé de l'identité visuelle d'une automobile.
Des solutions d'ingénierie au service de la sécurité et de la visibilité
Selon le DS ID Club de France, plusieurs partis pris stylistiques de la DS répondent directement à des exigences de sécurité posées par André Lefebvre :
- Portes sans encadrement : Lefebvre exige la réduction maximale des montants de pare-brise pour éliminer les angles morts, ce qui conduit à des portes avant dépourvues d'encadrement fixe.
- Capot et pavillon en aluminium, réalisés d'une seule pièce chacun : en cas de choc, ces éléments sont conçus pour s'expulser vers le haut plutôt que de s'enfoncer dans l'habitacle.
- Volant mono-branche : moqué en interne à sa présentation, ce volant à une seule branche libère l'espace devant la cage thoracique du conducteur en cas de choc frontal violent, et dégage la vue sur le tableau de bord — sa pertinence sécuritaire finira par convaincre ses détracteurs internes.
- Pare-brise panoramique bombé : au-delà du seul style, sa courbure marquée élimine une partie des distorsions optiques en bordure de vision — un défi de fabrication qui faillit ne jamais aboutir (voir La genèse de la DS — du projet VGD (1938) au « projet D » (1955) pour l'épisode du verrier belge face au refus initial de Saint-Gobain).
Une carrosserie non porteuse, source de sa richesse de déclinaisons
Contrairement à la Traction Avant, dont la carrosserie participait à la rigidité structurelle du véhicule, celle de la DS est boulonnée sur une caisse autoporteuse formée de deux longerons et d'un plancher plat (voir La genèse de la DS — du projet VGD (1938) au « projet D » (1955)). Ce choix technique, autant que stylistique, explique la facilité avec laquelle Citroën — et plus encore le carrossier Henri Chapron — a pu décliner la même base en berline, break, cabriolet et coupé sans reconception structurelle majeure (voir Les Citroën DS par Chapron — la Croisette, le Paris, le Caddy, le Dandy et les autres créations du carrossier et Le Break et ses dérivés — Familiale, Commerciale, Ambulance).
🗳️ Une inspiration américaine disputée
Wikipédia FR avance, au conditionnel et sans trancher, que la ligne de la DS « aurait pu être en partie inspirée » de la Studebaker Commander Starliner, dessinée par Raymond Loewy — une hypothèse qu'aucune des autres sources consultées pour ce corpus (club officiel, blogs spécialisés, citroenet.org.uk) ne mentionne, ni pour la confirmer ni pour l'écarter. Cette piste est consignée telle quelle, comme un débat non tranché, dans sources/verification-croisee.md.
Une exaltation du vitrage
Le philosophe Roland Barthes, dans son texte de 1957 sur la DS, insistera particulièrement sur l'ampleur et la qualité du vitrage comme signe d'une forme de « spiritualisation » de l'objet automobile — voir Roland Barthes et « la Déesse » — la DS dans Mythologies (1957) pour cette lecture culturelle du design de Bertoni.
Voir aussi
- Traction Avant → DS, la même équipe d'ingénierie à vingt ans d'écart — André Lefebvre et Flaminio Bertoni · La genèse de la DS — du projet VGD (1938) au « projet D » (1955) · Les Citroën DS par Chapron — la Croisette, le Paris, le Caddy, le Dandy et les autres créations du carrossier · Le restylage de septembre 1967 — nouvelle face avant et phares directionnels · Roland Barthes et « la Déesse » — la DS dans Mythologies (1957)
- Site source
- dsidclubdefrance.net, passionnement-citroen.com, lautomobileancienne.com
- Auteur du site
- DS ID Club de France ; Jérémy K. (Passionnément Citroën) ; alexrenault (l'Automobile Ancienne)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Le Break et ses dérivés — Familiale, Commerciale, AmbulanceCitroën DS · Histoire et modèles
- La genèse de la DS — du projet VGD (1938) au « projet D » (1955)Citroën DS · Histoire et modèles
- Roland Barthes et « la Déesse » — la DS dans Mythologies (1957)Citroën DS · Culture documentation
- Les Citroën DS par Chapron — la Croisette, le Paris, le Caddy, le Dandy et les autres créations du carrossierCitroën DS · Histoire et modèles
- Traction Avant → DS, la même équipe d'ingénierie à vingt ans d'écart — André Lefebvre et Flaminio BertoniCitroën DS · Histoire et modèles
- Le restylage de septembre 1967 — nouvelle face avant et phares directionnelsCitroën DS · Histoire et modèles
- Les Citroën DS par Chapron — la Croisette, le Paris, le Caddy, le Dandy et les autres créations du carrossierCitroën DS
- Le restylage de septembre 1967 — nouvelle face avant et phares directionnelsCitroën DS
- Histoire générale de la DS (1955-1975) — vue d'ensembleCitroën DS
- Conduire une DS — les spécificités qui déroutent (et qui séduisent)Citroën DS
- Roland Barthes et « la Déesse » — la DS dans Mythologies (1957)Citroën DS
- Traction Avant → DS, la même équipe d'ingénierie à vingt ans d'écart — André Lefebvre et Flaminio BertoniCitroën DS