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§ 03 · Transmission

La boîte de vitesses à commande hydraulique (BVH) — fonctionnement du levier « sans embrayage »

Citroën DS · 1955–1975 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une boîte mécanique classique, mais pilotée par l'hydraulique

Contrairement à une idée reçue, la « boîte hydraulique » de la DS n'est pas une boîte automatique au sens moderne : il s'agit d'une boîte manuelle à quatre rapports tout à fait conventionnelle, associée à un embrayage classique, dont le pilotage (débrayage et passage des vitesses) est confié à l'hydraulique haute pression plutôt qu'à l'action directe du pied et de la main du conducteur. Le levier de sélection, monté entre le tableau de bord et le volant plutôt qu'au plancher, ne commande donc pas directement les rapports mais des servocommandes hydrauliques.

La grille de sélection

Le levier commande les positions suivantes :

  • S (démarreur) : obtenu en déplaçant le levier depuis la position neutre N vers la gauche — il est ainsi mécaniquement impossible de démarrer le moteur en prise.
  • 1 (première) : levier poussé vers l'avant.
  • 2 (seconde) : levier tiré vers l'arrière, en repassant par la position neutre N.
  • 3 (troisième) : levier déplacé vers la droite.
  • 4 (quatrième) : levier déplacé vers la droite puis vers le bas.
  • R (marche arrière) : levier déplacé vers la droite depuis la position de première.

Le « champignon » et la manœuvre de parking

Pour faciliter les manœuvres à très faible allure, le régime de ralenti du moteur varie selon l'état de la pédale de frein (le fameux bouton-poussoir en forme de champignon, voir Le freinage haute pression et le bouton « champignon ») : lorsque celui-ci est maintenu enfoncé, le régime moteur chute ; à son relâchement, le ralenti augmente, l'embrayage commence à s'engager progressivement et la voiture avance doucement (ou recule, si la marche arrière est engagée) sans intervention du conducteur sur un embrayage. Une pression sur l'accélérateur achève l'engagement complet de l'embrayage. Ce dernier se désengage automatiquement dès que le conducteur déplace le levier de vitesses.

Il est, par construction, impossible de caler le moteur avec ce système.

Une conduite qui reste active, contrairement à une automatique

Conduire une DS à boîte hydraulique n'a rien d'une conduite « automatique » au sens où on l'entend aujourd'hui : le conducteur doit utiliser son pied droit exactement comme sur une boîte manuelle classique — lever le pied de l'accélérateur au moment de monter un rapport, réaccélérer légèrement (« blipper ») en rétrogradant. La vitesse et la « qualité » du changement de rapport peuvent d'ailleurs être modulées par le conducteur, d'un passage très doux mais un peu lent à un passage rapide mais plus brutal, selon la façon dont le levier est manœuvré.

Une architecture cohérente avec le reste du système Magès

Cette solution illustre la même philosophie que le reste de l'hydraulique conçue par Paul Magès (voir Paul Magès, l'ingénieur autodidacte de la suspension hydropneumatique) : utiliser la pression hydraulique déjà disponible pour la suspension et le freinage afin de simplifier une opération mécanique complexe (ici, la coordination embrayage/passage de vitesse), plutôt que de recourir à une transmission automatique à convertisseur de couple, alors une technologie étrangère à la culture d'ingénierie Citroën. Une boîte à commande mécanique classique sera proposée en option à partir de 1963 (voir Évolution année par année de la DS (1955-1975) — moteurs, numéros de chassis, jalons techniques), avant qu'une véritable boîte automatique Borg-Warner ne fasse son apparition en toute fin de carrière — voir Boîte mécanique et boîte automatique Borg-Warner — les alternatives à la BVH.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
citroenet.org.uk
Auteur du site
Julian Marsh (citroenet.org.uk), © 1999
Date d'extraction
12 sept. 2026
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