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§ 08 · Culture documentation

Roland Barthes et « la Déesse » — la DS dans Mythologies (1957)

Citroën DS · 1955–1975 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un texte devenu incontournable dans la légende de la DS

Dès 1957, soit moins de deux ans après le lancement de la voiture (voir Le lancement de la DS — Salon de Paris, 5-6 octobre 1955), le sémiologue et philosophe Roland Barthes consacre un chapitre entier de son recueil Mythologies (Éditions du Seuil) à la Citroën DS, sous le titre « La nouvelle Citroën ». Ce texte reste, près de soixante-dix ans plus tard, l'une des analyses culturelles les plus citées jamais consacrées à une automobile, et il est très largement responsable de l'ancrage du surnom « la Déesse » dans la postérité de la voiture, prolongeant le jeu de mots déjà exploité par Citroën lui-même au moment du choix du nom commercial DS (voir Le lancement de la DS — Salon de Paris, 5-6 octobre 1955).

Les grandes lignes de l'analyse

Sans reproduire le texte original (dont les droits appartiennent aux éditions du Seuil et à la succession de l'auteur), on peut en résumer les grandes thèses, telles que largement commentées dans la littérature secondaire :

  • Barthes ouvre son texte par une comparaison entre l'automobile moderne et les cathédrales gothiques : à ses yeux, la voiture est devenue, pour son époque, l'équivalent d'une création suprême conçue par des artisans anonymes et consommée « en image » par toute une population qui se l'approprie comme un objet quasi magique, indépendamment de son usage réel.
  • Il décrit la DS comme un « objet superlatif », semblant « tombé du ciel » — une expression passée à la postérité pour résumer l'effet de sidération produit par la voiture lors de sa présentation.
  • Il s'attarde longuement sur l'exaltation du vitrage de la DS (portes sans encadrement, pare-brise panoramique — voir Le design de Flaminio Bertoni — la carrosserie « goutte d'eau » et ses solutions d'ingénierie), qu'il interprète comme une forme de « spiritualisation » de l'objet automobile, faisant passer la voiture du registre de la puissance brute à celui, plus contemplatif, de la matière et de la lumière.
  • Il suggère enfin que la DS marque un tournant dans la mythologie même de l'automobile, la faisant basculer hors du seul « bestiaire de la puissance » qui caractérisait jusque-là le discours publicitaire automobile.

Une lecture encore mobilisée aujourd'hui

L'essai de Barthes reste régulièrement cité dans les analyses du design industriel du XXe siècle, bien au-delà du seul cercle des passionnés d'automobile — signe, s'il en fallait un, de la portée culturelle exceptionnelle atteinte par la DS dès les toutes premières années de sa commercialisation. Voir La DS, icône du design — distinctions et statut culturel pour les autres reconnaissances (distinctions, statut muséal) accordées à la voiture au fil des décennies.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
citroenet.org.uk, openculture.com
Auteur du site
analyse tierce de l'essai de Roland Barthes (Mythologies, éditions du Seuil, 1957)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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