Sans successeur direct : C3 Pluriel, concept Lacoste et Cactus M, les tentatives d'héritage avant l'E-Méhari
Un vide de près de trente ans dans la gamme Citroën
Après l'arrêt de la Méhari en 1987 (voir Chronologie technique et production de la Méhari (1968-1987) — et pourquoi elle ne s'arrête pas en 1988), Citroën ne développe plus, pendant près de trois décennies, aucun véhicule reprenant directement le concept de la voiture de loisir décapotable et modulable. Trois tentatives se succèdent néanmoins pour renouer, chacune à sa manière, avec cet héritage — sans qu'aucune ne constitue une véritable continuité technique.
La Citroën C3 Pluriel (2003) : l'héritière revendiquée
En 2003, Citroën présente la C3 Pluriel, une petite citadine découvrable explicitement présentée par la marque comme l'héritière spirituelle de la Méhari — un rapprochement encore mis en avant par Citroën elle-même vingt ans plus tard dans son communiqué du 55ᵉ anniversaire de la Méhari, qui évoque la « même attitude de véhicule distinctif et tourné vers les loisirs ». Construite sur une base mécanique entièrement moderne et conventionnelle (plateforme de citadine classique, carrosserie en tôle), la C3 Pluriel ne reprend rien de la carrosserie plastique ni de l'architecture technique de la Méhari : la filiation revendiquée est d'ordre philosophique et marketing (modularité, esprit cabriolet accessible) plutôt que technique. Le modèle ne rencontrera jamais un succès commercial comparable à celui de son inspiratrice.
Le concept Lacoste (2010) : un hommage ponctuel
En 2010, Citroën dévoile un concept-car baptisé Lacoste, en collaboration avec la marque française au crocodile, qui reprend explicitement le principe d'une Méhari réinterprétée pour le XXIᵉ siècle. Simple exercice de style sans vocation industrielle, ce concept reste un jalon isolé dans la longue liste des concept-cars Citroën inspirés de véhicules historiques de la marque, sans suite commerciale directe.
Le Cactus M (2015) : le véritable prélude à l'E-Méhari
Présenté au salon de Francfort 2015, le concept Cactus M — une déclinaison découvrable du C4 Cactus — constitue la dernière étape avant le retour effectif du nom « Méhari » dans la gamme Citroën. Contrairement aux deux tentatives précédentes, ce concept ne reste pas un simple exercice de style sans suite : sa face avant et sa philosophie générale inspireront directement, quelques mois plus tard, la e-Méhari officiellement lancée fin 2015 (voir L'E-Méhari (2016-2019) : le retour d'un nom, pas d'une continuité technique) — le Cactus M jouant ainsi le rôle de laboratoire stylistique pour ce qui deviendra le premier véritable retour du nom « Méhari » depuis 1987.
Une leçon sur la difficulté de faire renaître un concept populaire
Ces trois tentatives successives, échelonnées sur plus de dix ans (2003-2015), illustrent la difficulté récurrente pour un grand constructeur de retrouver l'alchimie précise d'un succès populaire ancien : chacune reprend un ou plusieurs éléments de l'esprit Méhari (modularité pour la C3 Pluriel, exercice de style rétro-futuriste pour le concept Lacoste, base technique et philosophie pour le Cactus M) sans qu'aucune ne parvienne, avant l'E-Méhari elle-même, à recréer un succès commercial et symbolique comparable à celui du modèle d'origine.
Voir aussi
- Site source
- fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0) ; media.stellantis.com
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- Chronologie technique et production de la Méhari (1968-1987) — et pourquoi elle ne s'arrête pas en 1988Citroën Méhari · Histoire et modèles
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