Aller au contenu
§ 10 · Postérité électrique

L'E-Méhari (2016-2019) : le retour d'un nom, pas d'une continuité technique

Citroën Méhari · 1968–1987 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un retour de nom, pas une descendance mécanique

Il importe de le souligner d'emblée pour éviter toute confusion : l'E-Méhari, dévoilée par Citroën le 7 décembre 2015, ne constitue en aucune façon une évolution technique de la Méhari originale (1968-1987). Il s'agit d'un véhicule entièrement nouveau, développé sur une base industrielle et technologique sans aucun rapport avec la plate-forme Dyane/2CV et la carrosserie ABS de son aînée (voir La carrosserie en ABS de la Méhari : thermoformage, pas injection et Sous le plastique, de l'acier — le châssis tubulaire de la Méhari pour l'architecture d'origine). Ce dossier consacré à la Méhari historique la mentionne donc uniquement à titre de clôture chronologique et de curiosité patrimoniale — le retour d'un nom chargé d'histoire, plutôt qu'une continuité technique réelle.

Une base technique radicalement différente : le Bolloré Bluesummer

L'E-Méhari repose sur la plateforme Bluesummer du groupe Bolloré, motorisée par des batteries LMP (Lithium Métal Polymère) fabriquées en Bretagne, à Quimper. Ce choix technique, sans aucun rapport avec le bicylindre à plat refroidi par air de la Méhari d'origine (déjà documenté en détail côté citroen-2cv/), illustre la totale rupture industrielle entre les deux véhicules : seuls le nom, l'esprit décapotable modulable et un vague air de famille stylistique — la face avant de l'E-Méhari s'inspirant du concept Cactus M de 2015 (voir Sans successeur direct : C3 Pluriel, concept Lacoste et Cactus M, les tentatives d'héritage avant l'E-Méhari) — relient les deux générations.

Une production courte, assemblée à Rennes

Produite en série de mars 2016 à février 2019 à l'usine de Rennes (La Janais) — un site qui avait d'ailleurs déjà assemblé près de 8 000 exemplaires de la Méhari originale entre 1968 et 1987, voir Huit usines pour une Méhari — la répartition mondiale de la production —, l'E-Méhari est un cabriolet électrique quatre places, présenté par Citroën comme optimiste, ludique et résolument décalé (« a free electron », selon la propre description du constructeur). L'arrêt définitif de sa production est annoncé par Citroën en janvier 2019.

Une déclinaison artistique pour le cinquantenaire

En mai 2018, à l'occasion des 50 ans du modèle d'origine, Citroën confie au créateur de mode Jean-Charles de Castelbajac la réalisation d'une édition spéciale baptisée E-Méhari Art Car, présentée comme la rencontre de deux univers créatifs français — celui de la Méhari, née en Mai 68, et celui de Castelbajac, lui-même issu de cette même génération contestataire (voir La Méhari, muse pop — clips musicaux, mode et art contemporain pour le détail de cette collaboration et son inscription dans une dimension plus large de reconnaissance artistique et culturelle du modèle).

Un nom qui continue de vivre sous d'autres formes

Le retour du nom « Méhari » par Citroën en 2015 a par ailleurs ouvert la voie, de façon indirecte, à plusieurs initiatives commerciales distinctes reprenant elles aussi ce nom ou son esprit : la société Méhari Loisirs Technologie, basée en Ardèche, commercialise depuis 2016 ses propres répliques électriques de la Méhari historique — une offre bien distincte de l'E-Méhari officielle de Citroën, malgré la proximité de dénomination (voir le détail de ce paysage des répliques modernes dans Authenticité et répliques — bien distinguer une vraie Méhari de ses imitations modernes).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0) ; media.stellantis.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci