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§ 04 · Usages militaires

Le chaînon manqué : la Méhari 4×4, finaliste malheureuse face à la Peugeot P4

Citroën Méhari · 1968–1987 · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un contrat stratégique à la clé

Au tournant des années 1980, l'armée française prépare le remplacement définitif de ses Jeep Hotchkiss M201, alors en fin de vie opérationnelle après plusieurs décennies de service (voir jeep-m201-dernier-programme-automobile-hotchkiss.md dans hotchkiss/). L'enjeu commercial et industriel de ce marché est de taille pour les constructeurs français en lice.

Une Méhari 4×4 spécialement adaptée pour l'occasion

En 1979, s'appuyant sur la Méhari 4×4 tout juste lancée (voir La Méhari 4×4 (1979-1983) — la version la plus rare et la plus disputée), Citroën présente une version spécifique destinée à cet appel d'offres militaire. Fait notable : cette version reprend certains éléments de carrosserie de la Citroën FAF (« Facile à Financer, Facile à Fabriquer »), un véhicule utilitaire rustique à carrosserie tôlée développé par Citroën pour les marchés émergents et assemblé au Portugal — un rapprochement industriel qui illustre les circulations de pièces et de savoir-faire entre les différentes gammes « increvables » de la marque destinées aux usages exigeants.

Convaincue du potentiel de cette proposition, l'armée française envisage sérieusement d'en commander jusqu'à 5 000 exemplaires.

Une phase d'essais favorable... mais insuffisante

Entre 1979 et 1980, dix exemplaires de cette version, désignée « Citroën A 4×4 » dans les sources consultées, sont testés par différents corps de l'armée française. Les résultats de ces essais sont largement positifs : le véhicule se révèle être une très bonne franchisseuse, tout en conservant un entretien d'une grande simplicité, pour un poids, un encombrement et un prix d'achat nettement inférieurs à ceux d'un concurrent plus lourd. La Méhari 4×4 s'impose ainsi comme l'une des favorites sérieuses pour remporter le marché — Citroën commence même à envisager sérieusement la suite industrielle de ce contrat.

Le contrat échappe finalement à Citroën

Malgré ces atouts, c'est finalement le tandem Peugeot / Mercedes-Benz qui remporte l'appel d'offres avec la Peugeot P4 — une carrosserie de Mercedes-Benz Geländewagen (W460) assemblée en France sous licence, avec une motorisation diesel et une transmission d'origine Peugeot, en service à partir de 1981 (voir le détail complet de ce véhicule, déjà documenté dans un autre dossier de ce corpus, dans peugeot-p4-licence-armee-francaise.md). Les raisons précises de ce choix final ne sont pas détaillées dans les sources consultées pour cette fiche, mais on peut raisonnablement supposer que les capacités tout-terrain plus abouties d'une architecture de type Geländewagen à trois différentiels, mieux adaptée à un usage militaire de premier échelon sur tous types de terrains, ont pesé davantage que la légèreté et l'économie de la solution Citroën.

Une occasion manquée, mais pas un échec total

Si la Méhari 4×4 n'obtient donc pas ce contrat majeur qui aurait pu prolonger significativement sa carrière commerciale et industrielle, la Méhari classique (2 roues motrices) continue par ailleurs d'équiper l'armée sur d'autres missions, à un effectif nettement supérieur (voir La Méhari sous l'uniforme — armée et gendarmerie françaises, 1972-1987). La Peugeot P4, elle, assurera la relève des besoins militaires légers français jusque dans les années 2000, confirmant a posteriori la pertinence du choix opéré à l'époque.

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Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0), citant Jean-Michel Boniface et Jean-Gabriel Jeudy, "50 ans de véhicules militaires français", éditions ETAI
Date d'extraction
13 sept. 2026
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