La Méhari sous l'uniforme — armée et gendarmerie françaises, 1972-1987
Un besoin précis : combler la transition entre deux générations de véhicules légers
L'armée française commande la Méhari à partir de 1972 pour assurer la transition entre les Jeep Hotchkiss M201 vieillissantes (licence française de la Jeep américaine — voir hotchkiss/jeep-m201-dernier-programme-automobile-hotchkiss.md et jeep-willys/hotchkiss-m201-licence-france.md) et la future Peugeot P4, alors pas encore disponible en quantité suffisante (voir le détail de cette transition dans Le chaînon manqué : la Méhari 4×4, finaliste malheureuse face à la Peugeot P4). La Méhari militaire, à deux roues motrices, sert d'abord de véhicule de liaison routière léger, avant que la version 4×4 ne soit développée spécifiquement en réponse à une demande de l'armée (voir La Méhari 4×4 (1979-1983) — la version la plus rare et la plus disputée).
⚠️ Un effectif total qui varie du simple au double selon la source
Deux chiffres très différents circulent pour le total des Méhari commandées par l'armée française, et cette fiche les consigne l'un et l'autre sans arbitrage :
- 7 064 exemplaires (dont 691 versions auto-école) : c'est le chiffre retenu par l'infobox et le corps de l'article Wikipédia FR, qui cite comme référence l'ouvrage 50 ans de véhicules militaires français de Jean-Michel Boniface et Jean-Gabriel Jeudy. C'est également ce chiffre, à la précision près, que reprend le site mecanicus.com.
- 11 457 exemplaires commandés entre 1972 et 1987 : c'est le chiffre avancé, de façon inattendue, par le communiqué officiel Citroën/Stellantis lui-même pour les 55 ans du modèle (2023).
L'écart entre les deux valeurs est considérable (plus de 60 %) et ne semble pas s'expliquer par une différence de périmètre évidente (les deux chiffres sont présentés comme des totaux englobant l'ensemble de la période). Faute d'une troisième source permettant de trancher, les deux valeurs sont consignées ici comme une divergence non résolue — voir sources/verification-croisee.md.
Une architecture électrique spécifique
Quel que soit l'effectif exact, les exemplaires militaires se distinguent par une installation électrique en 24 volts (contre 12 volts pour les exemplaires de gendarmerie), destinée à alimenter le poste radio embarqué. Cette tension est obtenue par le montage de deux batteries de 12 volts en série, avec un coupe-circuit interposé — la seconde batterie prenant la place, dans l'habitacle, de la boîte à gants habituelle.
Cette architecture électrique particulière impose des organes spécifiques non interchangeables avec ceux de la Méhari civile : bobine d'allumage, alternateur, démarreur et l'ensemble des lampes doivent être adaptés à cette tension. Seule la bobine d'allumage n'est pas directement empruntée à l'équipement standard des camions militaires de l'époque, ce qui en fait aujourd'hui, pour les restaurateurs de Méhari militaires, une pièce particulièrement rare et recherchée.
Une carrosserie kaki devenue elle-même un objet de collection
Peinte dans une teinte vert kaki caractéristique — bien distincte du nuancier civil aux noms de régions désertiques (voir Le nuancier de la Méhari — des noms de régions désertiques, sauf pour l'Azur) —, la Méhari militaire est aujourd'hui immédiatement reconnaissable et fait l'objet d'une recherche spécifique de la part des collectionneurs de véhicules militaires historiques, distincte de celle des collectionneurs de Méhari civiles.
Des usages variés au sein des forces armées
Au-delà de la simple liaison routière, la Méhari militaire a rempli plusieurs fonctions au sein des forces françaises : véhicule de reconnaissance légère, ambulance de campagne de petite capacité, et — usage plus surprenant — véhicule pouvant être parachuté pour assurer un soutien logistique léger sur des zones difficiles d'accès. Sur les 691 exemplaires réservés à un usage d'auto-école (chiffre associé au total de 7 064 selon Wikipédia FR), un nombre important de jeunes conscrits ont ainsi appris à conduire au volant d'une Méhari plutôt que d'un véhicule conventionnel.
Voir aussi
- Le chaînon manqué : la Méhari 4×4, finaliste malheureuse face à la Peugeot P4 · La Méhari 4×4 (1979-1983) — la version la plus rare et la plus disputée · Le nuancier de la Méhari — des noms de régions désertiques, sauf pour l'Azur · Police, douanes, aéroports, hippodromes — les usages professionnels méconnus de la Méhari
- Site source
- fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0) ; media.stellantis.com ; mecanicus.com
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- Police, douanes, aéroports, hippodromes — les usages professionnels méconnus de la MéhariCitroën Méhari · Usages civils loisirs
- La Méhari 4×4 (1979-1983) — la version la plus rare et la plus disputéeCitroën Méhari · Histoire et modèles
- Le nuancier de la Méhari — des noms de régions désertiques, sauf pour l'AzurCitroën Méhari · Carrosserie plastique
- Le chaînon manqué : la Méhari 4×4, finaliste malheureuse face à la Peugeot P4Citroën Méhari · Usages militaires
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