La Méhari au Portugal et en Espagne — Mangualde confirmée, un rôle plus important qu'il n'y paraît
Une production portugaise confirmée et chiffrée
Le brief de ce dossier posait la question d'une éventuelle production sous licence au Portugal : les sources consultées la confirment sans ambiguïté, et de façon même plus significative que ne le suggérait l'hypothèse de départ. L'usine Citroën de Mangualde, déjà bien connue de ce corpus comme site d'assemblage final de la 2CV (voir derniere-2cv-mangualde-1990.md dans citroen-2cv/), assemble 17 500 exemplaires de Méhari, soit environ 12 % de la production mondiale du modèle — davantage que l'Espagne (12 480 exemplaires à Vigo) et bien davantage que l'ensemble des sites français réunis hors Forest et Rennes (voir le tableau complet dans Huit usines pour une Méhari — la répartition mondiale de la production).
Mangualde, bien plus qu'un simple site d'assemblage tardif
Le rôle industriel de Mangualde dépasse la simple production de série courante. C'est dans cette même usine que sont fabriquées, en 1983, les deux séries limitées les plus recherchées de la gamme : la Méhari Azur (commercialisée en France, en Italie et au Portugal) et la Méhari Plage, réservée aux seuls marchés espagnol et portugais (voir le détail complet de ces deux séries dans Les séries limitées de 1983 — Méhari Azur et Méhari Plage). Le choix de localiser la fabrication de ces séries spéciales à Mangualde, plutôt qu'à Forest ou dans une usine française, suggère une proximité logistique évidente avec leurs marchés de destination ibériques.
Un lien industriel plus profond : la Citroën FAF portugaise
La présence industrielle de Citroën au Portugal ne se limite pas à l'assemblage de la Méhari elle-même. C'est également au Portugal qu'est assemblée la Citroën FAF (« Facile à Financer, Facile à Fabriquer »), un véhicule utilitaire rustique à carrosserie tôlée destiné aux marchés émergents — véhicule dont certains éléments de carrosserie seront directement réutilisés en 1979 pour la version de la Méhari 4×4 présentée à l'armée française dans le cadre de l'appel d'offres remporté par la suite par la Peugeot P4 (voir Le chaînon manqué : la Méhari 4×4, finaliste malheureuse face à la Peugeot P4). Le Portugal apparaît ainsi comme un pôle industriel Citroën à part entière pour l'ensemble de cette famille de véhicules utilitaires légers et rustiques dérivés de la 2CV, bien au-delà du seul rôle de site d'assemblage périphérique que son éloignement géographique du siège de Javel pourrait laisser supposer.
L'Espagne, un rôle plus classique
L'usine de Vigo, en Galice, joue un rôle plus conventionnel de site d'assemblage régional, cohérent avec son rôle déjà documenté côté 2CV (voir fabrication-2cv-hors-de-france.md) : elle alimente le marché espagnol et, dans une moindre mesure, les marchés d'exportation vers le Maghreb et l'Amérique latine déjà desservis pour la 2CV elle-même. Rien dans les sources consultées ne suggère que Vigo ait produit de version spécifique au marché espagnol comparable au rôle joué par Mangualde pour les séries limitées de 1983.
Voir aussi
- Site source
- fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0) ; lautomobileancienne.com ; media.stellantis.com
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- Les séries limitées de 1983 — Méhari Azur et Méhari PlageCitroën Méhari · Histoire et modèles
- Huit usines pour une Méhari — la répartition mondiale de la productionCitroën Méhari · International exportations
- Le chaînon manqué : la Méhari 4×4, finaliste malheureuse face à la Peugeot P4Citroën Méhari · Usages militaires