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§ 11 · Compétition

La 308 GT/M : le prototype Groupe B radical qui n'a jamais couru en rallye officiel

Ferrari 308 & 328 · 1975–1985 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un projet né du succès des 308 Groupe B de série

Convaincus par les résultats obtenus par les 308 GTB Groupe 4 puis Groupe B « conventionnelles » (voir Michelotto et la 308 en rallye : Groupe 4 puis Groupe B (1978-1986)), Ferrari et Michelotto lancent en novembre 1982 le développement d'une 308 de compétition entièrement repensée, la 308 GT/M, conçue spécifiquement pour exploiter au maximum les règles d'évolution du Groupe B (« Evolution/Termination »). Le projet est annulé avec l'interdiction pure et simple de la catégorie Groupe B pour la saison 1987.

Une architecture radicalement différente des versions routières

Contrairement à toute la production routière de la lignée 308/328, dont le moteur est systématiquement monté transversalement (voir Architecture générale du V8 Tipo F106 : montage transversal et héritage Dino), la GT/M reçoit un V8 Quattrovalvole de 3,0 litres monté longitudinalement, en position arrière centrale, sur un tout nouveau châssis tubulaire en acier. Le moteur, alimenté par une injection mécanique Bosch Kugelfischer modifiée et doté d'un système d'échappement à longueurs égales, développerait environ 363 à 370 ch à 8 900 tr/min. Les carters de distribution et de courroie sont coulés en alliage de magnésium pour l'allègement. Une boîte-pont Hewland à 5 rapports, montée à l'arrière, transmet la puissance aux seules roues arrière via un embrayage bidisque de type Formule 1 signé Borg & Beck. La suspension à double triangulation, sur les quatre roues, reprend en partie la géométrie de la Ferrari Mondial. La carrosserie en Kevlar et fibre de carbone, dessinée par Francesco Boniolo et construite par la Carrozzeria Auto Sport près de Modène, évoque directement la 512 BB/LM et bénéficie d'essais en soufflerie menés sur ce même modèle.

Des performances qui dépassent, en test privé, celles de la F40

Testée de façon intensive à Fiorano entre 1984 et 1986, la GT/M, chaussée de pneus de compétition, y aurait établi un tour en 1 minute 24,6 secondes — plus rapide que la Ferrari F40 (1 minute 25 secondes) et que la 512 BB/LM (1 minute 26,6 secondes) sur le même circuit d'essai privé de la marque. Le 0 à 100 km/h serait couvert en moins de 4 secondes, pour une vitesse de pointe visée de 270 km/h à 8 500 tr/min en cinquième. Le poids total du prototype, 840 kg, se situe 120 kg sous le minimum imposé par le règlement Groupe B.

Trois exemplaires, trois destins très différents

Trois châssis GT/M sont construits (001, 002, 003). Le châssis 001, achevé en 1984, sert de mulet de développement à Ferrari avant d'être vendu en juin de la même année au pilote belge Jean « Beurlys » Blaton, qui l'engage occasionnellement en rallye régional en Belgique. Le châssis 002 est engagé au Rallye de Monza 1984 par Raffaele « Lele » Pinto : endommagé à la suspension arrière sous la pluie, il termine quatrième — derrière une 308 Groupe B « conventionnelle » — avant d'être réparé et utilisé ensuite comme voiture de route par un propriétaire privé. Le châssis 003, construit pour le pilote néerlandais Henk Koel à partir de l'automne 1986 et achevé en avril 1987, n'a jamais couru en rallye, l'interdiction du Groupe B étant entretemps entrée en vigueur ; il continue d'être présenté lors d'événements Ferrari sur circuit.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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