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§ 09 · Conduite

Un essai de légende : Denis Jenkinson et la 308 GTB dans Motor Sport (décembre 1976)

Ferrari 308 & 328 · 1975–1985 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un essai commencé par une grippe et un tour en Berlinetta Boxer

En février 1976, l'importateur britannique Maranello Concessionaires invite une poignée de journalistes au circuit Paul Ricard pour découvrir les tout premiers exemplaires de série de la 308 GTB, en même temps que Niki Lauda et Clay Regazzoni y testent les monoplaces de Formule 1 de la saison — Lauda ayant, selon plusieurs sources croisées dans ce dossier, directement contribué à régler le comportement des tout premiers prototypes de la 308 (voir Genèse de la 308 GTB : succéder à la Dino 246 sans répéter l'échec commercial de la GT4). Denis Jenkinson, journaliste vétéran du magazine britannique Motor Sport, y effectue deux tours de piste en tant que passager de Lauda lui-même au volant d'une Berlinetta Boxer 4,4 litres — un tour qu'il décrit comme techniquement irréprochable mais paradoxalement dénué d'émotion, tant la voiture absorbe sans effort apparent tout ce que son pilote lui demande. Une grippe soudaine empêche cependant Jenkinson d'essayer lui-même la 308 GTB ce jour-là, contrairement à ses collègues.

Une prise en main complète quelques mois plus tard, entre pluie et bouchons

Maranello Concessionaires rattrape l'occasion manquée en confiant à Jenkinson, quelques mois plus tard, un des tout premiers exemplaires 308 GTB à conduite à droite, pour un usage prolongé plutôt qu'un simple essai chronométré : un aller-retour de plusieurs jours entre le Hampshire et le Pays de Galles, en passant par les Midlands. Les conditions se révèlent peu clémentes — pluie battante, visibilité réduite, embouteillages considérables — offrant paradoxalement à Jenkinson l'occasion de tester en profondeur des aspects rarement évalués dans un essai classique : l'efficacité des essuie-glaces à deux vitesses, la tenue de route à allure réduite, la visibilité tous azimuts et l'éclairage, autant d'éléments qu'il juge tous très satisfaisants.

Une mise en perspective historique par un témoin direct de la lignée Ferrari

L'article prend le temps de retracer, du point de vue d'un connaisseur contemporain des faits plutôt que d'un historien rétrospectif, l'évolution qui mène des Ferrari V12 à moteur avant jusqu'à la 308 GTB : la Dino 206 GT de 1967 (« un jouet comparé à une Daytona, mais un joli jouet »), la Dino 246 GT de 1969 dont le V6 « chante » à 7 500 tr/min, la Berlinetta Boxer de 1973 dont le concept moteur central devient enfin « sérieux » pour la marque, puis la rupture stylistique et philosophique que représente, à ses yeux, l'arrivée en 1973 de la Dino 308 GT4 dessinée par Bertone — un modèle au dessin anguleux qui déconcerte les inconditionnels de la Dino 246, et dont la disposition en V8 laisse perplexes des amateurs habitués à associer Ferrari au seul moteur V12 ou, à la rigueur, à un V6 « qui vaut bien la moitié d'une vraie Ferrari ». C'est dans ce contexte que la 308 GTB, dessinée par Pininfarina et reprenant la ligne de la Dino, réconcilie selon lui une partie de la clientèle traditionnelle de la marque avec le principe du moteur central.

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Provenance de cette fiche
Site source
motorsportmagazine.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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