La crise des incendies de batterie 2020-2021 : rappel mondial et différend Hyundai-LG
Un premier rappel limité à une mise à jour logicielle
En octobre 2020, Hyundai lance un premier rappel portant sur 6 707 Kona Electric des millésimes 2019 et 2020, à la suite de 12 signalements d'incendie. Ce premier rappel se limite à une mise à jour du logiciel de gestion de la batterie (BMS, Battery Management System), sans intervention matérielle sur les cellules elles-mêmes.
Un incendie post-mise à jour qui déclenche un rappel mondial bien plus vaste
Ce correctif logiciel se révèle insuffisant : en janvier 2021, un Kona Electric prend feu en Corée du Sud alors qu'il avait pourtant déjà reçu la mise à jour de 2020. L'enquête qui s'ensuit identifie une cause matérielle plus profonde qu'un simple paramétrage logiciel : un défaut de fabrication affectant des cellules produites dans une usine LG Chem précise, à Nanjing, en Chine. Sur les cellules concernées, la languette de l'anode (anode tab) pourrait être pliée, un défaut susceptible de mettre en contact le lithium plaqué et la cathode, provoquant un court-circuit interne. Hyundai étend alors le rappel à l'échelle mondiale : environ 82 000 véhicules électriques au total, dont une estimation d'environ 75 000 Kona Electric, avec cette fois un remplacement complet du bloc-batterie plutôt qu'une simple mise à jour logicielle.
Un différend industriel sur le partage des responsabilités
La répartition du coût de ce rappel — estimé à l'époque à plusieurs centaines de millions d'euros/livres (de l'ordre de 638 millions de livres sterling selon une estimation de presse spécialisée) — fait l'objet d'un désaccord public entre Hyundai et son fournisseur de batteries LG Energy Solution (issue de la scission de LG Chem). LG Energy Solution conteste la responsabilité exclusive de ses cellules, affirmant que Hyundai aurait mal appliqué ses propres recommandations concernant la logique de charge rapide intégrée au logiciel de gestion de la batterie — une thèse qui, si elle était retenue, réintroduirait une part de responsabilité logicielle aux côtés du défaut matériel identifié. Ce dossier documente ce désaccord sans arbitrage artificiel entre les deux versions, faute de source suffisamment définitive pour trancher la question au moment de la rédaction.
Une crise à resituer dans son contexte industriel plus large
Cette crise de rappel, bien que sévère par son ampleur, ne remet pas en cause à elle seule le rôle pionnier de la Kona Electric documenté dans La Kona Electric (2018) : un rôle pionnier documenté avec précision sur le segment B-SUV électrique — elle illustre en revanche un risque industriel structurel de la génération de batteries lithium-ion à forte densité énergétique déployée à grande échelle à la fin des années 2010, un risque que d'autres constructeurs ont également rencontré sur des véhicules contemporains utilisant des cellules d'origine comparable.
Voir aussi
- Site source
- electrive.com, greencarreports.com
- Date d'extraction
- 14 sept. 2026
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