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§ 10 · Restauration

La Festiva Shogun — un V6 Yamaha central-arrière dans une Kia, sept exemplaires seulement

Kia Pride · 1987–2000 · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Une idée folle née de deux passionnés

En 1990, le pilote et journaliste automobile Rick Titus, associé à l'ingénieur Chuck Beck — déjà connu pour avoir créé la réplique de barquette Beck Roadster —, se lancent dans un projet aussi improbable qu'audacieux : transformer la modeste Ford Festiva en une propulsion à moteur central, sous le nom de Festiva Shogun. Le projet, ouvertement inspiré de l'expérience australienne de la Giocattolo (une autre petite citadine transformée en propulsion sportive à moteur central), est porté par une structure dédiée, Special Editions, Inc., qui envisage initialement une série limitée de 250 exemplaires.

Un V6 Yamaha directement issu de la Taurus SHO

Le cœur du projet réside dans son moteur : un V6 3,0 litres préparé par Yamaha, directement extrait de la Ford Taurus SHO de première génération, installé en position centrale-arrière et développant environ 220 ch — une puissance considérable rapportée au poids à vide de la Festiva d'origine, inférieur à 1 200 kg une fois modifiée. Le véhicule est présenté sous la tente officielle Ford lors du Monterey Historics de 1990, et Ford envisage un temps de fournir directement les moteurs SHO au projet. Mais l'essai routier convainc les dirigeants du constructeur que le résultat est décidément « trop brut » pour recevoir l'onction officielle de la marque — l'accord capote.

Un surcoût fatal au projet commercial

Privée de la fourniture directe de moteurs par Ford, Special Editions doit se résoudre à racheter des Taurus SHO complètes chez des concessionnaires pour en extraire les blocs Yamaha — une solution de contournement qui fait grimper le prix final de plus de 10 %. Combinée à l'annulation d'une commande japonaise et au ralentissement économique consécutif à la première guerre du Golfe, cette contrainte financière condamne le projet à une diffusion confidentielle : sur les 250 exemplaires initialement envisagés, seuls sept véhicules de série seront finalement construits, plus un prototype.

Une curiosité qui a traversé le temps

Reste que la Festiva Shogun demeure, aujourd'hui encore, l'une des curiosités les plus documentées de toute la lignée Festiva/Pride — un contre-exemple spectaculaire à l'image de citadine sage et économique que le modèle a, par ailleurs, largement méritée sur l'ensemble de sa carrière commerciale. Elle préfigure, d'une certaine manière et sans lien direct de filiation, la culture de préparation amateur qui s'épanouira des décennies plus tard autour du swap moteur Mazda BP (voir De 58 à 127 chevaux — la culture du swap moteur BP et des 24 Hours of Lemons).

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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