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§ 10 · Compétition endurance

Le raid du Karakoum (1977) — 750 km de désert en 20 heures pour prouver la fiabilité de la Niva

Lada Niva / VAZ-2121 · depuis 1977 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un raid organisé par VAZ lui-même, sous le regard de tout le pays

À peine la Niva lancée (5 avril 1977, voir Genèse de la Niva — du cahier des charges de Kossyguine aux six prototypes VAZ-2121), l'usine VAZ organise, en collaboration avec l'hebdomadaire automobile Za Roulem, un raid à travers le désert du Karakoum (Turkménistan), suivi avec attention dans toute l'URSS. L'expédition commémore à la fois le 60ᵉ anniversaire de l'industrie automobile soviétique et le 44ᵉ anniversaire d'un premier trajet effectué sur ce même parcours en 1933, dont l'itinéraire est repris presque à l'identique — à l'exception de quelques détours pour visiter des lieux inexistants à l'époque, dont Togliatti elle-même, alors une ville jeune (âge moyen des habitants : 30 ans) tout entière tournée vers la production automobile.

Un dispositif logistique complet

Deux berlines VAZ-2106 « Chesterka » de série, tractant des remorques de camping « Skif », et deux Niva composent l'expédition. Les moteurs sont strictement de série (1,6 litre). Les équipages, épaulés par des radios embarquées, des jerricans supplémentaires et un outillage de réparation d'urgence, bénéficient d'un soutien logistique inhabituel : entretien pris en charge par le réseau nouvellement créé de stations-service VAZ, escorte routière assurée par la police de la route (GAI), hébergement négocié avec l'organisation paramilitaire DOSAAF pour les différentes étapes.

La traversée proprement dite : un échec initial, puis un guide indispensable

À Boukhara, l'expédition se sépare : les VAZ-2106 et leurs remorques poursuivent par la route via Achkhabad jusqu'à Krasnovodsk (aujourd'hui Turkmenbachi) sur la mer Caspienne, tandis que les deux Niva prennent la direction de la petite ville de Gazli pour s'attaquer directement au désert. Une première tentative de traversée du Karakoum échoue, convainquant les équipages de la nécessité d'un guide expérimenté — deux guides, dont un berger connaissant le désert par cœur, rejoignent alors l'expédition. Chargées seulement d'un jerrican d'essence et de quelques boîtes de conserve, les deux Niva et leurs huit occupants repartent à l'assaut du désert, évitant de justesse un précipice formé par l'ancien lit de l'Amou-Daria, invisible jusqu'au dernier moment — un danger déjoué grâce à l'expérience du guide local.

750 km en 20 heures

Sur 750 km de désert, les seuls arrêts sont dus aux crevaisons (les branches cachées dans la poussière perforant les pneus « comme des boulons »), à de courtes collations et au ravitaillement en eau — sans climatisation, sous une chaleur pouvant atteindre 50°C, plusieurs membres de l'équipage souffrant de malaises liés à la chaleur. La traversée du désert proprement dite est achevée en 20 heures. L'expédition complète, ferry sur la Caspienne puis retour par le Caucase, le Kouban et le Donbass, totalise environ 9500 km sur un mois.

Une démonstration de fiabilité à visée explicitement politique et commerciale

Ce raid, organisé par le constructeur lui-même dès la première année de commercialisation, illustre la volonté d'AvtoVAZ de démontrer publiquement, dans un pays où l'automobile reste un signe de modernité récent, sa capacité à produire des véhicules fiables adaptés à un « pays en développement constant » — une démonstration de fiabilité en conditions extrêmes qui préfigure directement la réputation d'endurance que la Niva bâtira ensuite sur la scène internationale, du Paris-Dakar (voir 1979 — cinq Niva au départ du tout premier Paris-Dakar) aux expéditions polaires (voir Antarctique, pôle Nord, Everest — records d'endurance et débat sur leur formulation exacte).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
sovietauto.fr (adaptation d'un article russe de zen.yandex.ru)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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