Au volant de la Bagheera neuve — un essai de 1973 face à la Fiat X1/9
Un contexte éditorial : la GT moyenne enfin démocratisée
Le magazine « Sport Moteur », sous la plume de Pierre Dieudonné, situe la Bagheera dans un mouvement plus large : après que l'architecture à moteur central se soit imposée en compétition puis chez les marques de prestige (Lamborghini Miura, De Tomaso Mangusta puis Pantera, Maserati, bientôt la Ferrari BB), 1973 voit apparaître les deux premières GT à moteur central réellement accessibles au grand public, la Fiat X1/9 et la Matra-Simca Bagheera. L'essayiste prend soin de ne pas les comparer trop frontalement : la X1/9 lui semble relever d'une industrialisation rationnelle de solutions techniques modernes doublée du savoir-faire italien en carrosserie, tandis que la Bagheera va, selon lui, beaucoup plus loin dans la remise en cause de la conception classique de l'automobile, à travers ses trois places de front (voir L'habitacle à trois places de front, particularité unique de la Bagheera).
Des sensations de conduite jugées rassurantes plutôt que rageuses
Sur route comme sur autoroute, l'essayiste décrit une Bagheera peu fatigante à conduire, portée par sa stabilité, le confort de ses sièges et de ses suspensions souples à grand débattement, ainsi qu'une bonne isolation acoustique. L'équilibre du comportement routier est jugé impressionnant dès le premier contact, sans que l'essai n'ait pu, à ce stade, en cerner précisément les limites. Le constructeur revendique une vitesse maximale de 185 km/h et un temps de 33,5 secondes au kilomètre départ arrêté — des chiffres que le journaliste n'a pas eu l'occasion de vérifier lui-même mais qu'il juge plausibles.
Un équipement jugé complet pour l'époque
L'essai détaille un équipement inhabituellement riche pour ce segment de prix : phares escamotables à commande pneumatique, projecteurs longue portée à iode doublant d'appel lumineux, ceintures de sécurité à enrouleur automatique, feux de détresse, lampe baladeuse de lecture de cartes, instrumentation complète avec montre de bord, avertisseur à compresseur. La vitre arrière, dont l'ouverture compensée dévoile un coffre jugé réellement utilisable, intègre des résistances de dégivrage — précaution jugée nécessaire par l'essayiste compte tenu de la proximité du moteur et du manque de ventilation naturelle de cette zone, propice à la formation de buée par temps de pluie.
Un positionnement tarifaire assumé face à la concurrence
L'essai reconnaît un prix plus élevé que celui de la Fiat X1/9, tout en jugeant cet écart justifié par l'effort de conception et le niveau d'équipement. Face à la Volkswagen-Porsche 914, la Bagheera apparaît comme une rivale sérieuse quoique très différente dans son esprit. La conclusion de l'essayiste ne dissimule pas son enthousiasme : il considère la Matra-Simca Bagheera comme l'une des meilleures voitures présentées cette année-là, conjuguant apparence ludique, confort routier et robustesse mécanique.
Voir aussi
- Site source
- sitematrarama.free.fr, reproduction d'un essai du magazine « Sport Moteur » n°354 du 4 octobre 1973 (Pierre Dieudonné)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- http://sitematrarama.free.fr/baghdecouv.htm ↗
- L'habitacle à trois places de front, particularité unique de la BagheeraMatra Bagheera · Carrosserie
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- Les moteurs Simca de la Bagheera — 1294 et 1442 cm³, la banque d'organes PoissyMatra Bagheera · Moteur
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