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§ 02 · Moteur

Les moteurs Simca de la Bagheera — 1294 et 1442 cm³, la banque d'organes Poissy

Matra Bagheera · 1973–1980 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une troisième source d'organes en peu d'années pour Matra

Avec la Bagheera, Matra installe pour la première fois un moteur Simca dans une automobile de série — après le moteur Renault « Cléon » de la Djet et le V4 Ford de la 530 (voir La Matra 530, l'échec fondateur qui a rendu la Bagheera nécessaire). Ce choix découle directement de l'accord commercial de 1969 avec Simca-Chrysler et de la contrainte de cylindrée qu'il impose (voir L'accord Matra-Simca de 1969, ou comment Matra a acheté un réseau commercial). Les deux blocs retenus au fil de la carrière du modèle appartiennent à la famille dite « Poissy », du nom du site industriel Simca-Chrysler où ils sont fabriqués.

Le 1 294 cm³ de la Simca 1100 Ti

Le moteur d'origine, monté de 1973 à 1980 sur tous les modèles de base, est le quatre-cylindres de 1 294 cm³ développé pour la nouvelle Simca 1100 Ti (type constructeur 3G4). Alimenté par deux carburateurs double-corps Weber 36 DCNF, il développe 84 ch DIN, à un régime compris entre 6 000 et 6 200 tr/min selon les phases de production, pour un couple maximal de l'ordre de 11 mdaN. Sa conception reste traditionnelle : bloc en fonte, culasse en alliage léger, soupapes en tête commandées par tiges et culbuteurs depuis un arbre à cames latéral, distribution assurée par une double chaîne. Un allumage électronique à effet Hall n'apparaît que sur le tout dernier millésime de production (série A, 1980).

Le 1 442 cm³ de la Simca 1308 GT (Bagheera S, 1976)

À partir du millésime 1976, la Bagheera S reçoit le quatre-cylindres de 1 442 cm³ de la Simca 1308 GT (type 6Y4), équipé pour l'occasion de deux carburateurs double-corps Weber 36 DCNF, qui développe 90 ch DIN à 5 800 tr/min pour un couple sensiblement supérieur (environ 12,45 mdaN à 3 000 tr/min). Ce couple plus généreux à bas régime, plus que la puissance maximale elle-même, explique le gain d'agrément de conduite constaté par la presse d'époque (voir La Bagheera première génération (1974-1976) — du modèle originel à la S) : la vitesse de pointe progresse de 185 à 190 km/h, mais c'est surtout la souplesse d'utilisation qui s'améliore. Une variante à carburateur simple corps (1 Weber 36 DCNV) du 1 294 cm³ équipe certains modèles de base de la seconde génération (1979-1980), probablement pour des raisons de normes ou de coûts.

Des blocs réputés increvables, mais bruyants

Constamment décrits par les sources consultées pour ce corpus comme fiables et robustes pour leur cylindrée, ces moteurs Simca souffrent en contrepartie d'une réputation de distribution bruyante, la double chaîne étant volontiers comparée au bruit d'une machine à coudre. Selon le site Matrarama, cette lignée de moteurs aurait été conçue à l'origine par l'ingénieur Georges Martin, également crédité de la paternité du V12 de compétition Matra (voir Georges Martin, du V12 de Formule 1 aux quatre-cylindres de la Bagheera) — un rapprochement qui, s'il est exact, éclaire d'un jour nouveau la réputation de robustesse de ces blocs de grande série.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
sitematrarama.free.fr (André Dewael), newsdanciennes.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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