Les bombardements alliés de Friedrichshafen et la fin de la production automobile Maybach
L'usine Maybach de Friedrichshafen, devenue au fil des années 1930 un rouage essentiel de l'industrie de l'armement allemande, figure explicitement, nommément, parmi les cibles prioritaires de la campagne de bombardement stratégique alliée en Allemagne — aux côtés des usines Dornier, Luftschiffbau Zeppelin et Zahnradfabrik (ZF), elles aussi installées dans la même ville au bord du lac de Constance.
Une chronologie de raids étalée sur deux ans et demi
- 17 août 1942 : premier raid, ciblant les usines Zeppelin, soupçonnées d'implication dans le programme de missile V2.
- 20 juin 1943 : Opération Bellicose, qui touche la production naissante de V2 de l'usine Zeppelin.
- 27-28 avril 1944 : raid de nuit mené par 322 bombardiers lourds, endommageant plusieurs usines et détruisant l'usine de boîtes de vitesses de chars Zahnradfabrik ; 1234 tonnes de bombes larguées, environ 67 % du bâti de la ville détruit selon les estimations.
- 20 juillet 1944 : nouveau raid sur les usines Zeppelin (la production de V2 y avait déjà été transférée vers le site souterrain du Mittelwerk après le raid britannique de 1943 sur Peenemünde).
- 28 juillet et 3 août 1944 : raids successifs sur l'usine Dornier de Manzell et sur le site d'essai d'Oberraderach, avec la Zahnradfabrik en cible secondaire — Albert Speer avait dès septembre 1942 averti Hitler de l'importance critique stratégique des usines de chars de Friedrichshafen.
- 25 février 1945 : raid le plus directement ciblé sur Maybach elle-même — 377 bombardiers B-17 américains sont spécifiquement envoyés frapper l'usine de chars Maybach à Friedrichshafen, utilisant le système de navigation Gee-H. Une source précise qu'à cette date, Maybach-Motorenbau (Friedrichshafen) et la Norddeutsche Motorenbau (Berlin) produisaient à elles deux la quasi-totalité des moteurs de chars allemands — d'où le statut de cible prioritaire nommément désignée dans les archives de mission américaines.
Une délocalisation souterraine pour échapper aux bombardements
Face à l'intensité de ces raids, une partie de la production industrielle de Friedrichshafen est délocalisée sous terre : un site codé « Magnesit » est construit près d'Überlingen (creusé notamment par des détenus concentrationnaires, voir Travail forcé à Friedrichshafen pendant la guerre — ce qui concerne précisément Maybach, et ce qui n'en relève pas pour la distinction précise entre les entreprises concernées), et un second site, codé « Richard I », est établi sous la montagne de Radobýl, en Bohême centrale — sur le territoire de l'actuelle République tchèque.
La fin de la production automobile
C'est dans ce contexte de destruction industrielle intensive que la production automobile Maybach — déjà réduite à la portion congrue depuis la réorientation de l'entreprise vers l'armement au milieu des années 1930 — s'arrête définitivement, autour de 1939-1940 selon les sources (voir la note de vérification dans Maybach Zeppelin DS 8 (1931-1939/1940) — le sommet technique et commercial de la marque). Après la guerre, l'usine assure quelques travaux de réparation, mais la production automobile Maybach, elle, ne redémarrera jamais — voir Pourquoi Maybach, contrairement à d'autres marques allemandes, n'a jamais relancé la production automobile après-guerre pour l'analyse de cette non-renaissance, contrairement à ce qu'ont connu d'autres grandes marques allemandes d'avant-guerre.
Voir aussi
- Les moteurs de chars Maybach — de la HL57 des premiers Panzer II à la HL230 du Tiger
- Travail forcé à Friedrichshafen pendant la guerre — ce qui concerne précisément Maybach, et ce qui n'en relève pas
- Vernon, France (1946-1952) — comment l'armée française a sauvé l'usine Maybach
- Pourquoi Maybach, contrairement à d'autres marques allemandes, n'a jamais relancé la production automobile après-guerre
- Site source
- en.wikipedia.org, cars.bonhams.com
- Auteur du site
- contributeurs Wikipédia
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Vernon, France (1946-1952) — comment l'armée française a sauvé l'usine MaybachMaybach (Zeppelin DS7/DS8) · Apres guerre et non renaissance
- Maybach Zeppelin DS 8 (1931-1939/1940) — le sommet technique et commercial de la marqueMaybach (Zeppelin DS7/DS8) · Modèles
- Les moteurs de chars Maybach — de la HL57 des premiers Panzer II à la HL230 du TigerMaybach (Zeppelin DS7/DS8) · Seconde guerre mondiale et declin
- Travail forcé à Friedrichshafen pendant la guerre — ce qui concerne précisément Maybach, et ce qui n'en relève pasMaybach (Zeppelin DS7/DS8) · Seconde guerre mondiale et declin
- Pourquoi Maybach, contrairement à d'autres marques allemandes, n'a jamais relancé la production automobile après-guerreMaybach (Zeppelin DS7/DS8) · Apres guerre et non renaissance
- Vernon, France (1946-1952) — comment l'armée française a sauvé l'usine MaybachMaybach (Zeppelin DS7/DS8)
- Les moteurs de chars Maybach — de la HL57 des premiers Panzer II à la HL230 du TigerMaybach (Zeppelin DS7/DS8)
- Pourquoi Maybach, contrairement à d'autres marques allemandes, n'a jamais relancé la production automobile après-guerreMaybach (Zeppelin DS7/DS8)
- Travail forcé à Friedrichshafen pendant la guerre — ce qui concerne précisément Maybach, et ce qui n'en relève pasMaybach (Zeppelin DS7/DS8)
- Hermann Spohn, le carrossier attitré de Maybach à RavensburgMaybach (Zeppelin DS7/DS8)
- Bilan de production Maybach 1921-1941 — 1800 automobiles construites, environ 152 survivantesMaybach (Zeppelin DS7/DS8)