Le Papamobile : de la coupole en plexiglas de 1980 au cabriolet blanc du Vatican
Une tradition Mercedes-Benz antérieure au Geländewagen lui-même
La fourniture de véhicules pontificaux par Mercedes-Benz ne commence pas avec le Geländewagen : dès 1930, le pape Pie XI reçoit déjà une Mercedes-Benz Nürburg 460 en cadeau. Mais c'est bien avec le G-Wagen que naît, en 1980, le concept moderne de « Papamobile » tel qu'on le connaît aujourd'hui — un véhicule ouvertement conçu pour exposer le souverain pontife à la vue de la foule tout en le protégeant.
1980 : la première coupole transparente, pour la visite de Jean-Paul II en Allemagne
À l'occasion de la première visite du pape Jean-Paul II en Allemagne, Mercedes-Benz construit sur la base d'un cabriolet 230 G (version W460) le tout premier Papamobile doté d'une superstructure entièrement transparente : une coupole en matériau thermoplastique, équipée d'une climatisation automatique pour le confort du pontife lors des longs trajets en extérieur. Ce véhicule fondateur, aujourd'hui conservé au musée Mercedes-Benz de Stuttgart, restera dans les mémoires sous le surnom familier de « Papa G ».
1983 : un badge Puch pour la visite en Autriche
Trois ans plus tard, lors de la visite du même pape en Autriche en 1983, un nouveau Papamobile est préparé — mais cette fois avec les emblèmes Puch apposés à la place de l'étoile Mercedes-Benz, conformément à la répartition territoriale des marques alors en vigueur entre les deux partenaires industriels (voir Puch G ou Mercedes-Benz G : un même véhicule, deux badges selon les marchés (1979-2000)). Ce détail, anodin en apparence, illustre bien à quel point l'accord commercial entre Daimler-Benz et Steyr-Daimler-Puch imprégnait jusqu'aux usages les plus symboliques du véhicule.
Une version décapotable pour le beau temps
Plus tard dans l'histoire du véhicule, le Vatican demande à Mercedes-Benz une version ouverte, utilisable par temps clément plutôt que sous la coupole climatisée d'origine : un G 500 de la génération W463 est alors équipé d'un pare-brise rabattable et de mains courantes, peint dans une teinte blanche spécifique surnommée « Vatican Mystic White ». Ce choix d'une version décapotée, plus exposée mais plus proche de la foule, traduit une évolution dans la conception même du rôle protocolaire du véhicule pontifical au fil des décennies.
Un usage qui traverse toute l'histoire commerciale du véhicule
Le fait que le Vatican ait continué à choisir la Classe G, génération après génération, pour ses besoins protocolaires les plus visibles, constitue un fil rouge rare dans l'histoire du véhicule : alors que son image publique bascule radicalement entre 1980 et aujourd'hui — d'un outil militaire et professionnel vers un symbole de luxe ostentatoire (voir Le tournant de 1990 : comment un outil militaire est devenu, sans jamais changer de silhouette, un objet de luxe) —, son usage pontifical, lui, reste d'une remarquable continuité, porté par les mêmes qualités de robustesse et de visibilité qui avaient justifié le tout premier choix de 1980.
Voir aussi
- Site source
- retromotor.co.uk
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- Repères chronologiques : de W460 à W465, cinquante ans de désignations internesMercedes-Benz Classe G · Histoire et genèse
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