Aller au contenu
§ 12 · Culture documentation

Alexis Constantin aux 24 Heures du Mans : la 203 suralimentée (1951-1955)

Peugeot 203 · 1948–1960 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un préparateur connu pour son compresseur maison

Alexis Constantin dirige des ateliers de mécanique sportive installés à Montreuil, près de Paris. Il se fait d'abord connaître par la conception d'un compresseur (plus précisément un « surpresseur », soufflant à basse pression) qu'il développe à l'origine pour suralimenter la 203, avant de l'adapter à d'autres voitures françaises. Une partie de son activité consiste d'ailleurs, plus largement, à « gonfler » des voitures de série pour une clientèle privée passée par ses ateliers — pas seulement les modèles engagés en course.

Cinq participations consécutives au Mans

Entre 1951 et 1955, les ateliers Constantin s'engagent chaque année aux 24 Heures du Mans, faisant de la 203 la seule Peugeot présente sur la Sarthe alors que le constructeur lui-même n'y est plus revenu officiellement depuis 1938. Le déroulé de ces cinq années illustre les hauts et les bas d'une écurie privée : en 1951, Constantin doit déclarer forfait avant le départ ; en 1952, sa voiture — un coupé 203 surbaissé reprenant la calandre du coupé Darl'Mat (voir La 203 Darl'Mat : la version sportive confidentielle du sorcier du Lion) — abandonne à la 15ᵉ heure sur accident ; en 1953, une barquette (carrosserie ouverte) construite sur base 203 termine 25ᵉ au classement général, le meilleur résultat obtenu par l'écurie sur cette épreuve.

Une mécanique doublée en puissance

La 203 Constantin de 1953 conserve la caisse autoportante en acier de la 203 de série, renforcée pour l'usage compétition, avec une suspension avant à roues indépendantes et un essieu rigide à l'arrière — une architecture proche de la voiture de route (voir Direction à crémaillère, freins hydrauliques et suspensions : la modernité châssis de la 203). Le moteur, en revanche, est profondément transformé : la cylindrée passe de 1 290 à 1 425 cm³ par modification de l'alésage et de la course (79 x 75 mm), le bloc restant en fonte et la culasse en Alpax à chambres hémisphériques (voir Le moteur de la 203 : une culasse hémisphérique en Alpax volontairement bridée). Avec l'adjonction du compresseur Constantin, qui souffle à un débit de 0,3 kg, la puissance est littéralement doublée par rapport à la version de série : 90 ch à 5 000 tr/min, contre 45 ch pour une 203 de série de la même époque. Cette suralimentation permet au coupé Constantin d'atteindre 160 km/h en pointe, contre 115 km/h pour le modèle standard — au prix, toutefois, d'une consommation pouvant grimper jusqu'à 25 litres aux 100 km lorsque le compresseur souffle à plein régime, un revers directement lié à la surconsommation d'essence qu'impose l'augmentation du débit de la pompe.

Fiche technique de la Peugeot 203 C (Coupé Constantin, 24 Heures du Mans 1953)

D'après la documentation technique publiée par ixocollections.com :

  • Moteur Type TM, 4 cylindres en ligne, longitudinal avant, 1 425 cm³ (alésage x course : 79 x 75 mm)
  • Puissance : 90 ch à 5 000 tr/min ; alimentation par carburateur Solex et compresseur Constantin ; allumage par magnéto et dynamo
  • Distribution par arbre à cames latéral, soupapes en tête ; transmission aux roues arrière, boîte manuelle à 4 rapports + marche arrière
  • Pneumatiques 155 x 400 à l'avant comme à l'arrière
  • Dimensions : longueur 4,35 m, largeur 1,61 m, hauteur 1,20 m (très surbaissée), empattement 2,58 m, voies avant et arrière 1,32 m
  • Poids : 1 065 kg ; vitesse maximale : 160 km/h

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
ixocollections.com (recoupé avec fr.wikipedia.org)
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci