L'essieu Weissach — l'innovation la plus copiée de la 928, jusqu'à l'origine disputée de son nom
Corriger le vice de comportement le plus célèbre de la 911
Le train arrière de la 928, à double triangulation (bras inférieur semi-tiré associé à un bras supérieur transversal), intègre un principe alors inédit sur une voiture de série : une bielle latérale supplémentaire partant de la zone intérieure du bras inférieur, reliée au berceau arrière par une biellette montée sur silentbloc. En jouant sur la raideur relative de ce silentbloc par rapport à celui qui fixe le bord avant du bras à la caisse, les ingénieurs de Porsche parviennent à induire un léger pincement (toe-in) des roues arrière lors d'une levée de pied soudaine en courbe, plutôt que l'ouverture (toe-out) qui provoque naturellement le survirage brutal en trajectoire pour lequel la 911 contemporaine était notoirement réputée. La même souplesse de montage induit, à l'inverse, un léger toe-out à l'accélération — facilitant, pour qui le recherche délibérément, un dérapage contrôlé.
Combiné à un moment d'inertie polaire élevé, cet essieu rend la 928 nettement plus stable et prévisible que la 911 de la même époque, au prix d'une agilité perçue comme moins vive : une source de fond indépendante résume la voiture comme « prévisible et sans vice », mais « plus posée que sportive » comparée à une 911 ou une 914.
Un nom dont l'origine est elle-même disputée entre les sources
Trois sources parmi les quatre consultées pour cette fiche — Ate Up With Motor, Wikipédia francophone et Wikipédia anglophone — affirment sans détour que cet essieu tire son nom du centre de développement Porsche situé à Weissach, près de Stuttgart. Wikipédia germanophone avance pourtant, référence bibliographique précise à l'appui, une explication concurrente : le nom ne désignerait pas le lieu, mais serait un acronyme descriptif allemand résumant le principe de fonctionnement de l'essieu (littéralement une caractéristique de « réglage d'angle auto-stabilisant »). Ce corpus ne tranche pas entre ces deux versions, la source germanophone étant elle-même un article labellisé de qualité (« lesenswert ») et donc a priori sérieusement révisé, sans pour autant que la coïncidence du nom avec celui du centre de recherche Porsche rende l'explication majoritaire déraisonnable.
Une innovation reprise plus tard sur la 911 elle-même
Selon Wikipédia francophone, le principe de cet essieu arrière — présenté par cette même source comme le tout premier essieu multibras équipant une automobile de série, une affirmation à prendre avec la prudence habituelle réservée aux superlatifs non recoupés — sera repris bien plus tard sur la dernière génération de 911 refroidie par air, la 993, déjà documentée dans ce corpus : voir freins et trains roulants de la 911 classique. La 928 aura ainsi, sur ce point précis de sa fiche technique, exercé une influence durable sur la génération de voitures de sport à moteur arrière qu'elle n'est jamais parvenue à remplacer commercialement (voir Pourquoi la 928 n'a jamais vraiment remplacé la 911, en pratique).
Voir aussi
- Site source
- ateupwithmotor.com
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- L'architecture transaxle de la 928 — l'« arbre rapide » et son tube de torsionPorsche 928 · Transmission
- Pourquoi la 928 n'a jamais vraiment remplacé la 911, en pratiquePorsche 928 · Histoire et modèles
- Freinage de la 928 — de la disposition tout-disque d'origine à l'ABS et aux étriers 4 pistonsPorsche 928 · Freins trains pneus