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§ 02 · Moteur

Le « Projet Iceberg » — l'échec du V8 diesel qui a retardé le diesel Range Rover de sept ans

Range Rover Classic · 1970–1996 · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Une ambition logique, contrariée par la métallurgie

À partir de 1979, alors que la fiscalité européenne favorise de plus en plus les motorisations diesel, Land Rover collabore avec le motoriste britannique Perkins sur un programme baptisé en interne « Project Iceberg » : décliner en diesel le V8 Rover 3,5 litres qui équipe le Range Rover depuis son lancement (voir Du canot à moteur américain au V8 Range Rover — la genèse du V8 Rover), afin de proposer une motorisation économique sans renoncer à la souplesse d'un huit cylindres. Deux variantes sont développées et testées, l'une atmosphérique, l'autre turbocompressée.

Un bloc en alliage qui ne supporte pas les contraintes du diesel

Le projet se heurte à un obstacle métallurgique difficilement contournable : le bloc-moteur du V8, entièrement coulé en alliage léger pour rester aussi compact et léger que son ancêtre Buick (voir Du canot à moteur américain au V8 Range Rover — la genèse du V8 Rover), ne résiste pas aux pressions de combustion nettement plus élevées qu'impose le fonctionnement en cycle diesel. Les essais se soldent par des défaillances répétées du bloc, et le projet est finalement abandonné sans avoir atteint le stade de la production.

Un héritage technique malgré l'échec

Le développement n'est cependant pas totalement perdu : les culasses et vilebrequins renforcés conçus dans le cadre du Projet Iceberg seront réutilisés quelques années plus tard sur la version essence 4,2 litres du même V8, lancée en 1992 sur les versions à empattement long LSE (voir Du 3,5 au 4,2 litres — l'évolution du V8 essence sur toute la carrière du Classic) — un cas assez rare où un projet resté sans suite directe finit par nourrir, indirectement, une évolution commerciale réussie sur un moteur d'une tout autre motorisation.

Sept ans d'attente avant le premier diesel de série

L'échec du Projet Iceberg a une conséquence commerciale directe et durable : faute de diesel V8 fonctionnel, le Range Rover reste sans aucune motorisation diesel de série jusqu'en 1986, soit seize ans après son lancement — un délai considérable pour un marché européen où la fiscalité pénalisait déjà lourdement l'essence sur les gros cubages. Ce n'est qu'en 1986 que Land Rover se tourne vers une solution extérieure, un quatre cylindres turbodiesel du motoriste italien VM Motori, pour combler enfin cette lacune (voir Le premier diesel de série — le 2,4 puis 2,5 litres VM Motori « Turbo D » (1986)).

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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