52 ans dans un garage de Seattle — l'Octavia de Ron Stewart
Au-delà des chiffres globaux sur l'aventure commerciale américaine de Škoda (voir Vendre une voiture « communiste » en pleine guerre froide américaine (1957-1967)), l'histoire d'un exemplaire précis d'Octavia bleue de 1960, documentée en détail par le journaliste Alex Kwanten pour Hagerty, offre un éclairage humain sur ce que représentait, concrètement, la possession d'une telle voiture aux États-Unis au tout début des années 1960.
Un achat d'occasion à prix cassé
Vendue neuve 1 878 dollars en 1960 (pneus à flancs blancs, chauffage/dégivreur et frais de livraison inclus), la voiture est achetée d'occasion début 1961 par un certain Ron Stewart auprès d'un concessionnaire du réseau de Willy Witkin à Seattle, pour seulement 999 dollars — soit environ 600 dollars de moins qu'une Volkswagen Coccinelle neuve la même année, un rabais qui reflète directement l'impopularité persistante de la marque auprès du public américain plutôt qu'un quelconque défaut du véhicule lui-même.
Une voiture de tous les jours, puis un sommeil de plusieurs décennies
Stewart utilise la voiture pendant cinq ans pour ses trajets domicile-travail autour du lac Washington et pour conduire des enfants à un camp scout près du col de Snoqualmie — un usage on ne peut plus ordinaire, qui contredit directement l'image exotique ou suspecte parfois associée à ce type de véhicule. En 1966, alors que le compteur affiche 48 000 miles, une panne électrique immobilise la voiture. Faute de concessionnaire, de pièces détachées ou de mécanicien compétent sur le modèle, Stewart choisit de la garer plutôt que de s'en débarrasser, dans l'idée qu'elle pourrait un jour être remise en état — un sommeil qui durera en réalité plus de cinquante ans.
Une restauration portée par le récit plus que par la mécanique
Après le décès inattendu de Stewart en 2018, sa veuve confie le véhicule à Rich Reinhardt, un ami de la famille rencontré à l'église au milieu des années 2000, qui avait entendu à plusieurs reprises l'histoire de la voiture directement de la bouche de son propriétaire. Reinhardt consacre six mois à remettre le véhicule en état de marche : culbuteurs et poussoirs grippés, embrayage et freins entièrement refaits, jusqu'à l'emploi d'un maître-cylindre de Ford F-100 dont l'alésage s'est révélé compatible, faute de pièce d'origine disponible. Il choisit délibérément de conserver l'aspect extérieur du véhicule tel qu'il était en 1966, plutôt que d'entreprendre une restauration esthétique complète.
Une fois la voiture de nouveau roulante, Reinhardt a tenu à faire monter la fille de Ron Stewart et ses propres enfants à bord — un moment décrit comme chargé d'émotion, permettant à la famille de revivre, une génération plus tard, ce que leur père et grand-père avait aimé dans cette voiture aujourd'hui presque inconnue du grand public américain.
Voir aussi
- Site source
- Hagerty UK/US (Alex Kwanten)
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026